Thierry Frémaux
Thierry Frémaux

La sélection 2009 sonne-t-elle comme un retour aux fondamentaux ?

Thierry Frémaux: Ni éloignement ni retour. Cannes proposera le même cocktail d'originalité, de classicisme et d'hypothèses. Il faut analyser la sélection sur plusieurs années et non sur une seule. S'il est vrai qu'elle accueille quelques auteurs parmi les plus grands de l'époque, la compétition sera aussi une belle fusée pleine de talents prometteurs. Nous avons fait un beau voyage en voyant puis en sélectionnant ces films, c'est ce voyage-là auxquels les festivaliers sont invités.

Vous êtes délégué général du Festival de Cannes depuis bientôt dix ans. Quel bilan tirez-vous de ces années ?

Thierry Frémaux: Je fais un métier magnifique, cela va sans dire. Mais c'est aussi un métier difficile tant les contraintes et les enjeux sont puissants. Cannes est un événement mondial, qui exige une attention de chaque instant. Avec Gilles Jacob, nous réfléchissons à l'avenir. Comment faire pour que Cannes évolue en restant ce qu'il est ? La magie opère depuis 62 ans et cela n'est pas près de s'arrêter.

Comment fixez-vous vos critères de sélection ?

Thierry Frémaux: Il n'y a pas de critères écrits et encore moins de critères objectifs. Il est difficile de comparer des oeuvres d'art ; nous, nous les mettons en «compétition» ! Mais il faut le faire avec générosité. La sélection est faite de certitudes esthétiques, de challenges artistiques, d'équilibres géographiques et de sensibilités. C'est un instantané de la production mondiale. Nous voyons 1.500 films et en retenons 50 en sélection officielle, dont 20 en compétition.