Bernard Tapie
Bernard Tapie

Bernard Tapie est de retour aux affaires. L'ancien ministre affairiste de François Mitterrand, devenu comédien après sa retentissante faillite puis de nouveau millionnaire après l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, envisage aujourd'hui sérieusement de s'offrir le Club Med. L'homme d'affaires, qui dispose désormais de quelque 150 millions d'euros, après épurement de sa dette, grâce à l'arbitrage favorable rendu l'année dernière dans son contentieux avec le Crédit lyonnais sur l'affaire Adidas, assure qu'il bénéficie du soutien de "trois ou quatre fonds amis" et de plusieurs actionnaires du Club Med. Avec un apport personnel à hauteur d'environ 5% du capital il pourrait ainsi prendre le contrôle du célèbre club de vacances français. Il a décidé d'écourter le délai de réflexion qu'il s'était fixé à fin juin et indique maintenant vouloir prendre sa décision sur le dossier "avant fin mai-début juin", souhaitant voir encore un peu l'évolution des réservations pour l'été 2009.

Le PDG du groupe Club Med, Henri Giscard d'Estaing, vient de son côté de procéder à une augmentation de capital de 102 millions d'euros, avec un retour de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) comme actionnaire. Selon lui, cette initiative n'est pas liée aux ambitions de Bernard Tapie, mais vise à réduire le poids d'une dette de 326 millions d'euros sur les 494 millions d'euros de fonds propres de la société. Bernard Tapie, lui, considère cette opération comme "un pansement sur une jambe de bois". "Si c'est pour financer des pertes je ne suis pas partant, si c'est pour permettre d'arrêter de perdre de l'argent, c'est différent", explique-t-il.

Jurant qu'il ne vise pas la direction, Bernard Tapie propose déjà de nouvelles pistes pour relancer l'activité du club, comme par exemple le développement de nouveaux villages à thèmes (Tennis, Thalassothérapie, Plongée sous-marine, etc) ou le lancement d'une formule adaptée aux familles recomposées. Il explique toutefois qu'il renoncera à entrer au capital du Club Med si la situation devient conflictuelle: "J'ai vécu quinze ans de situations conflictuelles, je n'en ai plus envie et j'ai d'autres opportunités", affirme-t-il.

Effet immédiat des déclarations de Bernard Tapie, la valeur du Club Méditerranée, après avoir fondu de 80% depuis 2007, flambe aujourd'hui à la Bourse de Paris.