Jean-Luc Hees
Jean-Luc Hees

Jean-Luc Hees est né le 10 août 1951 à Evreux (Eure). Il suit des études de Lettres avant d'entrer en 1972 à l'ORTF. Deux ans plus tard il intègre la toute jeune Radio France, maison-mère de France Inter où il effectuera presque toute sa carrière. Jean-Luc Hess sera successivement journaliste correspondant à Washington de 1981 à 1990, présenteur du journal de la mi-journée, rédacteur en chef et animateur du magazine culturel Synergie, directeur de la rédaction et enfin directeur de la station à partir de 1997. Parallèlement à ses activités radiophoniques, il anime aussi de 1994 à 1999 une série documentaire télévisée, Le Sens de l'histoire, sur la Cinquième. Au titre de directeur de France Inter, il soulève quelques polémiques, entre autres en assurant en personne des "ménages" pour le compte du laboratoire pharmaceutique Novartis, ou encore en renvoyant brutalement le chroniqueur Martin Winckler, auteur de La Maladie de Sachs, qui dénonçait précisément certains groupes pharmaceutiques liés publicitairement à la radio de service public. La même année, lors de l'arrivée de Jean-Paul Cluzel, successeur de Jean-Marie Cavada à la tête de Radio-France, Jean-Luc Hees doit laisser son poste de directeur de France Inter à Gilles Schneider. Après une année de silence, il rejoint Radio Classique, contrôlée par le groupe LVMH du très sarkozyste Bernard Arnault, où il anime d'abord un talk-show (Hees comme société) et une émission culturelle (Hees bien raisonnable) puis la tranche matinale quotidienne. Il collabore aussi à Charlie-Hebdo, dirigé par un Philippe Val qu'il avait auparavant mis à l'antenne de France Inter (ce dernier — qui "éditorialise" régulièrement contre tout ce qui est de gauche ou arabo-musulman — vient officieusement d'être choisi par Nicolas Sarkozy pour diriger France Inter en place d'un Frédéric Schlessinger sans doute pas assez philosémite à son goût). Le 5 mai 2009, après avoir été entendu par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) et les commissions des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat, Jean-Luc Hees est officiellement nommé en conseil des Ministres Président Directeur Général de Radio France.

Les milieux journalistiques accordent une certaine compétence professionnelle à l'homme de radio qu'est Jean-Luc Hees, réputé "ni de droite ni de gauche" (c'est-à-dire de droite), un tantinet mysanthrope, grand amateur de Rock'n Roll et fervent amoureux des Etats-Unis. Beaucoup s'interrogent toutefois sur sa capacité à gérer le paquebot Radio France qui compte plus de 4.000 employés, sept radios — France Inter, France Info, France Bleu, France Culture, France Musique, FIP et Le Mouv --, la maison ronde de l'avenue du Président-Kennedy, des festivals, des orchestres, des sites internet, etc. Syndicats et journalistes craignent aussi son incapacité à diriger la station en toute indépendance du pouvoir sarkozyste. Preuve s'il en fallait, à peine trois jours après sa nomination, Jean-Luc Hees s'invite à l'antenne de façon impromptue dans une une émission en direct afin de contredire l'invité, Edwy Plenel, qui dénonçait "un rapport clientéliste des médias à l'État".

Jean-Luc Hees est l'auteur de plusieurs livres. Parmi les plus récents, citons La saga de la Maison Blanche (2006), Sarkozy président ! le journal d'une élection (2007), Le roman de mai 68 (2008), Obama, what else ? (2009) et Égéries américaines (2009).