Jean-Edern Hallier
Jean-Edern Hallier

Jean-Edern Hallier fut-il un génie des lettres ou un expert en coups médiatiques ? "Le premier Jean-Edern Hallier, c'est un écrivain qui a une grande ambition littéraire, qui veut devenir Le Grand Ecrivain (titre de son deuxième livre) et il voue sa vie à la littérature", répond Bernard Pivot qui évoque les premières amours du célèbre polémiste invité à plusieurs reprises de son émission Apostrophes.

Issu d'une famille bourgeoise où l'on est militaire de père en fils, où les racines sont bretonnes et catholiques, Jean-Edern Hallier exclut toute carrière sous les drapeaux pour se tourner vers la littérature. En 1960, âgé de 24 ans, il fonde la revue Tel Quel avec quelques autres jeunes auteurs avant-gardistes de l'époque (Philippe Sollers, Renaud Matignon, Francis du Boisrouvray, Jacques Coudol et Jean-René Huguenin). Mais, outre ses romans et pamphlets sulfureux — Chagrin d'amour (1974), L'Enlèvement (1983), Les Puissances du mal (1996) — c'est sur la scène médiatique, notamment via son journal L'Idiot International, que ce provocateur professionnel fera le plus parler de lui en se mettant à dos un nombre impressionnant de personnalités politiques et littéraires. Dans le documentaire Jean-Edern, le fou Hallier, Frédéric Biamonti retrace le parcours médiatique de l'écrivain journaliste. De ses premiers coups d'éclats à sa relation avec François Mitterrand — il est le premier à vouloir révéler l'existence de Mazarine Pingeot, la fille cachée du Président de la République — en passant par la mise en scène de son enlèvement ou les provocs de son Jean-Edern's Club sur la chaîne Paris Première, il évoque la personnalité complexe de cet écrivain politiquement incorrect.

-----

Frédéric Biamonti, Jean-Edern, le fou Hallier (Diffusion 23 avril à 21h35 sur France 5).