Durban II
Durban II

Après le tollé médiatique provoqué dans les pays occidentaux par le discours anti-israélien du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, les diplomates réunis à Genève pour la conférence de l'ONU sur le racisme ont adopté hier par consensus la déclaration finale. Pour la Haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navy Pillay, ce succès marque la réponse de l'ONU aux pays — Israël, Canada, Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Italie, Allemagne, Pays-Bas et Pologne — qui ont boycotté la rencontre. "Que le document ait été aprouvé par tous les Etats [soit 182, ndlr] sauf neuf est notre réponse. C'est un succès", a-t-elle résumé. La France et les autres pays européens qui ont quitté la salle quand le président iranien a accusé Israël d'être un Etat raciste, sont tous revenus (hormis la République tchèque) pour valider le texte. Celui-ci, fruit de plusieurs mois de négociations, était de toute façon entériné dès vendredi dernier par le Comité préparatoire de Durban II. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, estime lui aussi que ce deuxième sommet de l'ONU sur le racisme est un succès car la déclaration finale, "même si elle n'est pas parfaite", contient tout ce que les pays occidentaux souhaitent voir mentionner, dont entre autres la dénonciation de l'antisémitisme et le droit à la liberté d'opinion et d'expression. Surtout — c'était semble-t-il le plus important pour l'Occident — aucune mention n'est faite d'Israël et de son racisme sous-jacent au conflit israélo-palestinien. De même ni l'islamophobie, ni l'anti-arabisme, ni la diffamation des religions (en référence à l'affaire des caricatures de Mahomet), ni la question des réparations pour l'esclavage négrier, sujets qualifiés de "lignes rouges" par les Occidentaux, ne sont mentionnés. D'importantes concessions, dont un texte sur l'importance de la mémoire de l'Holocauste, ont été consenties par les 57 pays de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) afin de parvenir au consensus. Plus que pour les Nations Unies, le succès est donc surtout total pour Israël qui, outre la diabolisation de son ennemi Mahmoud Ahmadinejad, est parvenu à faire officiellement oublier, ou plutôt cautionner, son régime d'apartheid.