Elie Domota
Elie Domota

La tension couve toujours en Guadeloupe et Élie Domota, emblématique porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), multiplie les mises en garde à l'égard du gouvernement à l'heure où le Parlement se penche sur le projet de loi de développement économique de l'Outre-mer.

Un mois après la signature de l'accord mettant fin à 44 jours de grève générale, rien ne va plus entre les syndicats antillais, rassemblés au sein du collectif LKP, et le gouvernement. Principale pomme de discorde: l'accord salarial. Le gouvernement doit en effet se prononcer cette semaine sur l'extension de cet accord conclu début mars entre le LKP et une partie du patronat mais l'UGTG, principale centrale syndicale de l'île, dirigée par Elie Domota, et les autres leaders syndicaux guadeloupéens du LKP brandissent la menace de redescendre dans la rue. A l'origine de cette nouvelle grogne, l'information selon laquelle le gouvernement étendrait le protocole d'accord tout en abrogeant certaines clauses très symboliques. Pourraient ainsi disparaître la notion "d'économie de plantation", inscrite dans le préambule de l'accord, et l'article 5, qui porte sur les 200 euros d'augmentation de salaire accordés aux bas revenus. Ce dernier prévoit que les entreprises guadeloupéennes prendront le relais de l'Etat et supporteront l'intégralité du coût de la mesure au bout de trois ans. Un dispositif rejeté en bloc par le MEDEF de Laurence Parisot, qui n'a toujours pas signé le protocole. En supprimant ces clauses, le gouvernement espère gagner du temps pour le compte du patronat mais il prend aussi le risque de se ré-aliéner les leaders de la contestation sociale, qui ont fait du volet salarial de l'accord le symbole de leur victoire.

Le LKP a d'ores et déjà annoncé son refus de participer aux États généraux de l'Outre-mer, convoqués le 15 avril prochain par Nicolas Sarkozy. Selon Elie Domota, "le LKP refuse d'être la caution sociale, économique, politique et culturelle de Monsieur Sarkozy et de ses relais en Guadeloupe" car "tout est déjà décidé". Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, s'active pour ne pas laisser la grogne s'étendre tout en diabolisant Elie Domota. Il promet des décisions d'ici à un mois sur une baisse des prix du carburant aux Antilles et accuse le Collectif contre l'exploitation de se complaire "dans la marginalisation plutôt que dans la concertation".