Joséphine Baker
Joséphine Baker

Joséphine Baker — de son nom de jeune fille Freda Josephine Mac Donald — est née le 3 juin 1906 à Saint Louis (Missouri, États-Unis). Sa mère, noire, et son père, espagnol, sont tous les deux des artistes dans la dèche.

Joséphine quitte l'école à 12 ans et se marie un an après avec un certain Willie Wells, ouvrier sans le sou qu'elle quittera l'année suivante. Elle débute alors sa carrière professionnelle en cumulant un emploi de serveuse et de chanteuse de rag-time dans un petit théâtre de Saint-Louis. Elle se remarie en 1921 avec un employé de la société Pulmann, William Howard Baker, dont elle divorcera en 1923 tout en conservant son nom.

A 16 ans Joséphine Baker gagne un concours et monte à New York, séduisant bientôt Broadway avec ses premiers numéros où elle danse et chante en faisant le clown. Son nom commence à devenir célèbre. En 1925, à 19 ans, elle débarque à Paris pour participer à la Revue nègre qui se tient au Théâtre des Champs-Élysées. L'apparition sur la scène parisienne de cette petite négresse élastique quasiment nue — elle n'est vêtue que d'une ceinture de bananes --, dans sa drôle de danse suggestive mi-sauvage mi-comique sur du Charleston alors inconnu en France, subjugue et fait scandale en même temps. En dix semaines elle conquiert le Tout-Paris et devient la première grande star noire d'une capitale qui, dans le sillage des expéditions coloniales, se passionne pour tout ce qui est "exotique". Elle participe à plusieurs revues à succès, dont les Folies bergères qui font fureur, et entame en 1930 une tournée en Europe. Entre deux amants (entre autres Georges Simenon), beaucoup d'artistes (Picasso, Foujita,..), d'amis (Maurice Chevalier) et les nombreuses extravagances qui émaillent sa vie parisienne, l'interprète adulée de La petite Tonkinoise et de J'ai deux amours fait aussi du cinéma, jouant dans une dizaine de films tels que La Folie du jour, Zouzou ou Princesse Tamtam.

Mais Joséphine Baker n'est pas qu'une originale danseuse, chanteuse et meneuse de revue du music-hall parisien des Années folles. En 1937, elle épouse un industriel français juif, Jean Lion, et prend la nationalité française. Lorsque la guerre éclate elle entre dans la Résistance et joue un rôle important dans les services de Contre-espionnage, refusant de chanter sous l'occupation allemande. De 1941 à 1945, après avoir divorcé de Jean Lion, elle sert en Afrique du Nord l'armée de la France libre (Le Général de Gaulle la décorera à la fin de la guerre de la Médaille de la Résistance puis, en 1957, de la Légion d'honneur). Entre-temps Joséphine Baker se remarie, en 1947, avec le chef d'orchestre Joe Bouillon. Elle s'engage aussi très activement dans un nouveau combat, celui contre les discriminations raciales et pour les droits civiques des noirs. Aux Etats-Unis elle participe notamment à plusieurs marches aux côtés de Martin Luther King. En 1953 elle devient même Déléguée générale de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

Côté vie privée, ne pouvant avoir d'enfants, Joséphine Baker crée avec son mari la Tribu arc-en-ciel, qui adopte douze enfants d'origine différente. A partir des années '60 sa carrière se poursuit en dents de scie. Elle connaît des problèmes d'argent et sa santé décline progressivement.

Joséphine Baker décède à Paris le 12 avril 1975, victime d'une hémorragie cérébrale, peu de temps après avoir fêté ses cinquante ans de music-hall à Bobino. La République Française décrète des obsèques nationales, pour la première fois de son histoire en l'honneur d'une femme noire.

Son action en faveur des enfants abandonnés est aujourd'hui poursuivie par ses ayant-droits et de nombreuses personnalités — le roi du Maroc Mohamed VI, le prince Henri du Danemark, Nicole Kidman, Woody Allen, Brigitte Bardot, Sophia Loren, Barbara Hendricks, Dee Dee Bridgewater, etc... — regroupées au sein de l'association Tous enfants de Joséphine Baker (1, Allée Charles-V, 94300 Vincennes, Tél: 01.43.98.27.37).

Plusieurs livres et CD sont sortis ou ressortis à l'occasion du centenaire de sa naissance. Citons entre autres: Joséphine Baker, le regard d'un fils de Brian B. Baker (éditions Patrick Robin), Joséphine Baker contre Hitler de Charles Onana (éditions Duboiris), Les Mémoires de Joséphine Baker de Marcel Sauvage (éditions Dilecta), La Folie Joséphine Baker de Ean Wood (Le Serpent à plumes), Joséphine de Joséphine Baker et Joe Bouillon (Robert Laffont), Joséphine Baker par Joséphine Baker (coffret de deux CD de chansons et d'entretiens chez MK2 Music) et La Revue des revues, film de Joe Francis réalisé avec Joséphine Baker en 1927 (Arte video),...