Valérie Pécresse
Valérie Pécresse

Le duel des ministres sarkozystes Roger Karoutchi / Valérie Pécresse est terminé. Les militants UMP ont choisi hier la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour conduire leur liste aux élections régionales de 2010.

Après six mois de bataille électorale, Valérie Pécresse s'est imposée avec 59,9 % des voix contre 40,1 % pour son adversaire, Roger Karoutchi, Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Un résultat sans appel avec un écart de 6.000 voix par rapport au chef de file de l'opposition au Conseil régional. Sur les 70.000 adhérents revendiqués par l'UMP, près de la moitié (48,8 %) se sont exprimés pour ces primaires. Valérie Pécresse devra cependant faire oublier les deux mois de vives passes d'armes avec son adversaire pour repartir dans l'unité et tenter de reprendre la région à la gauche. Roger Karoutchi "a toute sa place à mes côtés", a-t-elle précisé hier, à l'issue du vote.

Si pour l'instant le secret d'une éventuelle candidature de l'actuel président PS de la Région, Jean-Paul Huchon est bien gardé, de son côté, Valérie Pécresse a la voix libre pour mener la campagne de la droite. L'un de ses atouts reste sa popularité. Selon un récent sondage Ifop pour le très sarkozyste Journal du Dimanche, 64% des Franciliens estiment qu'elle a le "plus d'atouts pour l'emporter face à la gauche". Une popularité à double tranchant. Exposée médiatiquement, Valérie Pécresse doit affronter la tempête de ce qui est appelé la "réforme" de l'enseignement supérieur, mais aussi la colère des Français face à Nicolas Sarkozy. Le spectre de l'élection régionale de 2004 pourrait inquiéter la ministre d'ici à 2010. Le dernier scrutin s'était alors transformé en un vote sanction de l'ère Chirac-Raffarin avec 20 régions sur 22 gagnées par la gauche en métropole. La coalition de gauche, menée par Jean-Paul Huchon, l'avait remporté avec plus de 62% des voix en Ile-de-France, l'union UMP de Jean-François Copé et UDF d'André Santini ne réunissant de leur côté que 30%.

Aujourd'hui soutenue officiellement par le même Jean-François Copé, chef des députés UMP à l'Assemblée nationale, Valérie Pécresse a la charge de reprendre une région détenue par la gauche depuis 1998. C'est en s'appuyant sur ses mandats locaux — députée des Yvelines et conseillère régionale — qu'elle compte mener la bataille. Née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), mariée et mère de trois enfants, elle se veut "une candidate de la vie quotidienne". Dans son pré-programme, elle affiche ainsi son soutien au projet de transports Arc Express grâce à des "liaisons banlieue-banlieue sans passer par Paris". Elle entend aussi promouvoir la "création de 10.000 emplois aidés" dans la région Île-de-France.