Andry Rajoelina
Andry Rajoelina

Andry Rajoelina paradait hier dans les rues de Madagascar. "M. Ravalomanana a déjà démissionné, le Premier ministre et son gouvernement ont aussi démissionné, je suis à la tête du gouvernement de transition qui prépare l'élection présidentielle anticipée qui se déroulera d'ici à 24 mois. Donc, vous pouvez m'appeler Président", s'est-il auto-proclamé hier soir. Deux mois de lutte seulement lui ont suffi pour pousser le président Marc Ravalomanana à la démission et pour se voir confier le pouvoir par l'armée. Après avoir été neutre depuis le début du conflit entre les deux hommes, cette dernière s'est finalement rangée dans le camp de l'opposition en s'emparant par la force du palais présidentiel. "Nous conférons les pleins pouvoirs à Andry Rajoelina pour présider la transition", a déclaré devant la presse le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson. Retranché dans un autre palais, à une dizaine de kilomètres de la capitale, Marc Ravalomanana souhaite maintenant quitter le pays si on l'y autorise.

L'ascension d'Andry Rajoelina, dit aussi "Andry TGV" pour la rapidité avec laquelle il s'est imposé sur la scène politique malgache, est fulgurante. Après avoir pris la mairie de la capitale Antananarivo en décembre 2007, l'ex-disc-jockey reconverti dans les affaires n'a eu de cesse de désigner un responsable à la population malgache lourdement touchée par la hausse des prix: Ravalomanana, un riche "self-made man" coupable à ses yeux de gérer Madagascar comme sa propriété. Fort du soutien populaire, Andry Rajoelina est toutefois confronté à un inconvénient de taille: il n'a que 34 ans, or il en faut 40 pour briguer la présidence. S'il veut légitimement accéder aux plus hautes fonctions, il doit faire modifier la constitution malgache.