Ingrid Betancourt
Ingrid Betancourt

Coupée du monde durant près de six ans alors qu'elle était prisonnière des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), Ingrid Betancourt retrouve les tracas du quotidien. Selon l'hebdomadaire colombien Semana, elle aurait introduit une demande de divorce "pour séparation de corps de fait" avec son mari, le Colombien Juan Carlos Lecompte. Pour la loi colombienne, la séparation physique des époux pendant plus de quatre ans ouvre le droit au divorce. Un argument réfuté par les avocats de Juan Carlos Lecompte qui avancent que cette séparation correspond à un cas de force majeure.

Le mari éconduit devrait demander le divorce à son tour. A cette fin, il pourrait mettre en avant la supposée personnalité d'Ingrid Betancourt, s'appuyant sur le témoignage de trois Américains ayant partagé sa captivité. Dans un livre (Hors de captivité, Survivre 1967 jours dans la jungle colombienne), Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell décrivent Ingrid Betancourt comme une femme "hautaine, arrogante et égoïste". Elle aurait selon eux dénoncé ses compagnons d'infortune aux FARC comme étant des agents infiltrés de la CIA. Elle leur volait en outre leurs rations de nourriture, se réservait un vaste espace pour elle seule et refusait de partager les informations qu'elle pouvait glaner sur RFI via son transistor. L'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, enlevée en même temps qu'elle par les FARC, ne lui adresse également plus la parole.

Ingrid Betancourt s'est refusée à tout commentaire, préférant dit-elle consacrer son temps à sa famille, à sa future fondation et à l'écriture d'un livre sur sa captivité. Le 2 juillet 2008, tout juste libérée, chapelet à la main, cette fervente catholique avait déclaré vouloir tourner la page: "Parler des situations humiliantes que j'ai vécues me salirait encore... C'est enterré dans la jungle qu'il faut que cela reste".