Vincent Lindon
Vincent Lindon

Vincent Lindon interprète Simon, un maître nageur, dans Welcome, le nouveau film de Philippe Lioret qui a pour thème la situation des migrants de Calais.

Qu'est-ce qui vous a poussé à jouer dans ce film ?

Vincent Lindon : C'est un vrai film de cinéma, à hauteur d'homme, avec plusieurs façons de rentrer dans l'histoire: cet homme qui veut reconquérir son ex-femme, le parcours de Bilal (Firat Ayverdi), le jeune Kurde qui veut traverser la Manche, et surtout le cadre offert par Calais et son atmosphère de ville en état de siège.

Le film était-il le support idéal pour traiter d'un sujet aussi sensible que la situation des sans-papiers ?

Vincent Lindon : Bien sûr, car l'histoire permet de donner du corps à ce phénomène, de toucher le spectateur sous différents angles, alors que le documentaire ou le reportage ont avant tout un rôle d'apprentissage. J'espère sincèrement qu'il fera réagir, à l'image du film Indigènes, qui a fait évoluer positivement la situation des anciens combattants harkis. J'aimerais par exemple que le débat autour du film permette de changer la loi qui dit que toute personne qui vient en aide à une personne en situation irrégulière est passible de cinq ans de prison.

Ce rôle a-t-il fait évoluer votre point de vue sur cette question ?

Vincent Lindon : Justement, on parle toujours de sans-papiers au lieu de migrants. Pourtant, ils en ont autant que nous, ce ne sont tout simplement pas les mêmes. Au-delà de ça, le rôle de Simon me permet de me sentir "droit dans mes bottes". Je ne peux pas faire un tel film et réagir de manière opposée dans ma vie de citoyen.