Histoire de Firefox
Histoire de Firefox

Libre, gratuit, léger, rapide, ergonomique, intuitif, extensible, multi-plateforme (Microsoft Windows, Apple Mac OS et Linux), Firefox, le navigateur vedette de la Fondation Mozilla, est sans doute aujourd'hui avec Safari le plus évolué et le plus sécurisé des logiciels de navigation en mode graphique sur internet. Doté d'une véritable avance sur le plan technologique, Firefox est aussi devenu en quatre ans et demi d'existence le plus sérieux concurrent de Microsoft Internet Explorer, ne cessant de gagner en popularité, en particulier en Europe et auprès des jeunes, et même auprès des entreprises et des administrations pourtant généralement réfractaires à changer d'outils. Depuis le lancement public officiel de sa première version en novembre 2004, Firefox n'a en effet cessé de tailler des croupières à Microsoft qui régnait jusqu'alors sur le marché avec Internet Explorer, un logiciel propriétaire pourtant peu performant et très dangereux — les pirates informatiques se sont engouffrés dans ses milliers de failles de sécurité pour inonder le réseau de virus et de spywares — imposé aux internautes grâce à l'installation couplée d'office avec Windows, lui-même installé d'office à l'achat sur la plupart des PC. Selon de récentes statistiques, Firefox représente aujourd'hui quelque 30% de parts de marché dans le monde. Il a franchi au printemps 2008 la barre des 500 millions de téléchargements et a même battu le record mondial du logiciel le plus téléchargé en 24 heures lors de la sortie de la troisième version en juin 2008, faisant ainsi entrer Mozilla dans le Livre Guinness des records avec 8.002.530 installations le même jour. Parmi les pays qui comptent le plus d'utilisateurs de Firefox, Mozilla cite l'Indonésie, avec plus de 50% d'utilisateurs, et certains pays d'Europe comme la Slovénie, la Pologne ou encore la Finlande qui ont pour leur part dépassé le cap des 40% d'utilisateurs.

Avec l'excellent Safari d'Apple, basé lui sur le moteur de rendu KHTML de Konqueror, Firefox est le navigateur qui a le plus innové ces dernières années en matière de fonctionnalités. Il offre notamment un module de navigation par onglets, une barre d'adresses intelligente, un lecteur de flux de données au format RSS, un gestionnaire dynamique de marque-pages, un moteur de recherche avancé, un historique de navigation, un gestionnaire de téléchargement, un restaurateur de session, un correcteur orthographique intégré, un gestionnaire sécurisé de mots de passe et un anti-fenêtres Pop-up pour bloquer les publicités intrusives. Pour les internautes souhaitant équiper Firefox de fonctions particulières ou personnaliser son interface graphique, il existe en outre un grand nombre d'extensions et de thèmes variés validés par Mozilla sur le plan de la sécurité et téléchargeables gratuitement. Ces petits programmes sont fournis par la communauté open source, qui peut les développer notamment via la technologie XUL, car Firefox est ce qu'on appelle un logiciel libre. Alors que Microsoft cache le code source d'Internet Explorer en propriétaire jaloux, la Fondation Mozilla rend public celui de Firefox grâce à la tri-licence MPL, GPL et LGPL, permettant ainsi aux développeurs informatiques de le porter sur tous les systèmes d'exploitation et de le reprendre pour l'améliorer, le compléter ou l'adapter à des usages particuliers. Constamment et automatiquement mis à jour, Firefox offre aussi une haute protection contre les virus, les logiciels espions et le phishing. Grâce à son moteur de rendu Gecko, Firefox respecte enfin, et ce n'est pas le moindre de ses atouts, les normes et les standards ouverts recommandés par le W3C en matière de codes HTML, XML, CSS, JavaScript, DOM, MathML, PNG, etc, permettant ainsi aux internautes de surfer de façon beaucoup plus sûre, simple, confortable et conviviale, ceci sans déformer la mise en page et les fonctions proposées par les sites web correctement développés, contrairement à Microsoft Internet Explorer.

L'histoire de Firefox commence au printemps 2002 mais son origine remonte au printemps 1998, lorsque le projet Mozilla initial, sous licence open source, est rendu public par un petit groupe d'informaticiens passionnés. La place était alors occupée par le précurseur Netscape Navigator, créé en 1994 sur les cendres de l'ancêtre NCSA Mosaïc et intégré en 1997 dans la suite logicielle Netscape Communicator composée d'un navigateur web, d'une messagerie de courrier électronique, d'un lecteur de newsgroups, d'un client Irc et d'un éditeur de pages Html. La technologie innovante de ce premier grand navigateur développé et distribué par la société Netscape Communications Corporation est toutefois pillée par Microsoft qui, à coups de pratiques marketing et commerciales anticoncurrentielles, parvient à imposer son Internet Explorer sur le marché alors en pleine expansion de la fin des années '90. Incapable de résister, l'équipe Netscape livre alors sous licence libre le code source de son navigateur et crée une organisation à but non lucratif, Mozilla, dédiée à la création de logiciels libres et gratuits destinés à améliorer partout et pour tous l'utilisation d'Internet. Soutenue par une communauté internationale d'utilisateurs et d'informaticiens bénévoles bien décidés à contrer les visées hégémoniques de Microsoft et à faire évoluer le monde des logiciels internet, Mozilla commence à développer une suite d'applications connue sous le nom de SeaMonkey. Une branche spécifique pilotée par Blake Ross et David Hyatt s'attelle pour sa part aux seules fonctions de navigation web et compile le code d'un nouveau moteur de rendu, Gecko. En septembre 2002, l'ancêtre de Firefox, baptisé Phoenix, est présenté au public en phase bêta. L'année suivante, en juillet 2003, la Mozilla Foundation voit le jour. Organisation de droit américain à but non lucratif établie dans la Silicon Valley (Californie), c'est une fondation indépendante subventionnée entre autres par AOL Time Warner (devenu propriétaire de Netscape), IBM, Sun Microsystems et le finlandais Nokia, mais aussi par des centaines de milliers d'utilisateurs qui contribuent au financement par des petits dons personnels. La Fondation Mozilla — 8 employés en 2000, près de 200 aujourd'hui — se donne pour but d'encadrer ce projet communautaire et de distribuer gratuitement ses logiciels au grand public. Des filiales sont créées dans le monde entier, comme entre autres Mozilla Europe, présidée depuis décembre 2003 par le français Tristan Nitot.

Phoenix continue son petit chemin et engrange les succès. En 2003, il doit changer de nom car la marque est détenue par le constructeur BIOS Phoenix Technologies. Il devient Firebird (oiseau de feu) mais ce nom est également déjà utilisé par un autre logiciel libre. Début 2004, le navigateur de Mozilla est finalement baptisé Firefox (surnom du Panda rouge), désormais marque et logo déposés. Avant même le lancement de sa version 1.0 officielle, le 9 novembre 2004, Firefox est déjà plébiscité par de nombreux internautes et par certains grands médias. Pendant le trimestre qui suit son lancement il compte 25 millions de téléchargements, et plus de 100 millions au cours de sa première année d'existence. En 2005, après avoir abandonné le développement de la suite logicielle SeaMonkey par manque de ressources humaines, la Fondation Mozilla décide de se concentrer sur ses deux produits phares que sont le navigateur Firefox et le client de messagerie électronique Thunderbird. Elle crée parallèlement une filiale commerciale: la Mozilla Corporation, qui a pour but d'assurer le financement de la Fondation, notamment en gérant ses rapports avec les sponsors. L'un des plus importants sponsors est Google qui, en tant que moteur de recherche privilégié des utilisateurs de Firefox, a fourni 88% des revenus 2007 de Mozilla (soit 66 millions de dollars sur 75 millions).

Rythmée par les correctifs, les mises à jour et les améliorations, la première version de Firefox évolue progressivement vers une version 2.0, publiée le 24 octobre 2006, et aujourd'hui vers une version 3.0, dite "Gran Paradiso", dont Ben Goodger et Blake Ross sont les principaux artisans (David Hyatt a quant à lui intégré Apple pour s'occuper du navigateur Safari). Selon Tristan Nitot, cette dernière version de Mozilla Firefox apporte plus de 15.000 améliorations par rapport à la précédente et permet d'importants gains en termes de gestion de mémoire et d'exécution de JavaScript, augmentant de deux à trois fois sa rapidité et battant à plate couture Internet Explorer 7. Une version de Firefox pour téléphone Mobile, développée sous le nom de Fennec, est actuellement en phase bêta et devrait être lancée au printemps 2009.

La prochaine version de Firefox (3.5), baptisée "Shiretoko" et programmée pour juin 2009, proposera pour sa part une fonction qui pourrait sans doute impacter le nombre de recherches effectuées par les internautes et ainsi finir par gagner à la cause Mozilla les derniers utilisateurs d'Internet Explorer. La barre d'adresse intelligente étant dotée d'une fonction écriture intuitive, il serait en effet possible d'y taper directement le nom d'un site consulté régulièrement pour y accéder sans l'aide d'un moteur de recherche ou d'une url en signet. Cette fonction existe déjà sur le navigateur Chrome de Google lancé en décembre 2008. Plusieurs autres évolutions sont également prévues, dont la navigation privée, les onglets détachables et un nouveau moteur Javascript dit "TraceMonkey".

Selon la Fondation Mozilla, dirigée depuis janvier 2008 par l'informaticien entreprenaute John Lilly, le navigateur Firefox est aujourd'hui disponible dans plus de 230 pays et en 48 langues pour les systèmes d'exploitation Microsoft Windows, Apple Mac OS et Linux. La communauté compte quant à elle près de 200 millions d'utilisateurs actifs dont plus d'un million de bêta-testeurs.

Comme l'indique le message affiché lorsqu'on tape "about:mozilla" dans la barre d'adresse de Firefox 2, "Alors, au final, la bête fut vaincue et les infidèles se réjouirent. Mais tout n'était pas perdu, car des cendres s'éleva un majestueux oiseau. L'oiseau scruta les infidèles et lança sur eux le feu et le tonnerre. Dès lors que la bête fut réincarnée et sa puissance renouvelée, les disciples de Mammon se tapirent dans l'horreur. (Le Livre de Mozilla, 7:15). Traduction: la bête, Netscape, fut vaincue par les infidèles (utilisateurs de Microsoft Internet Explorer). Mais un majestueux oiseau, Phoenix, s'éleva et lança le feu (Firefox) sur les disciples de Mammon (Microsoft).