Appel des appels
Appel des appels

Face à la casse sociale délibérément orchestrée par Nicolas Sarkozy, la connexion s'établit en réseau dans de nombreux secteurs professionnels qui appellent désormais à une mobilisation collective. Un "Appel des appels" vise à fédérer l'ensemble des luttes en cours contre les "réformes" anti-sociales menées par un omniprésident certes actif, mais de plus en plus mis en cause dans sa capacité à présider-gouverner sérieusement la France.

Initié fin décembre dernier par les psychanalystes Roland Gori et Stefan Chedri, signé par diverses organisations comme le Collectif Liberté Egalité Justice (CLEJ), le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), Non à Edvige, Sauvons l'Université, Sauvons la Recherche, Sauvons l'hopîtal public, La Nuit sécuritaire, le Conseil National de la Résistance, la Fondation Copernic, le Syndicat de la magistrature, etc..., puis relayé par des journaux comme Médiapart, L'Humanité et aujourd'hui Libération qui en fait sa Une, le texte de l'Appel des appels a enregistré à ce jour près de 21.000 signatures, dont celles de nombreux professionnels reconnus dans leur secteur comme entre autres Miguel Benasayag, Catherine Dolto, Mathieu Bonduelle, Robert Cantarella, Camille Laurens, Serge Portelli ou encore Antoine Spire. La pétition entend attirer l'attention du gouvernement et de l'opinion "sur les conséquences sociales désastreuses des réformes mises en place" au nom d'une "idéologie de l'homme économique". Idéologie qui, des nouveaux programmes scolaires à l'obligation de "chiffre" de la police en passant par la tarification des services de santé ou l'avalanche de lois dites sécuritaires, enferme progressivement tous les milieux professionnels, notamment du Service public, dans des logiques de marché, de pénurie et au final de misère sociale pour la population. Pour Roland Gori, les dispositifs de contrôle et d'évaluation mis en place par l'actuel gouvernement visent essentiellement à soumettre les français à un "apprentissage de la servitude volontaire". Plus globalement, la baisse du pouvoir d'achat, le creusement des inégalités entre riches et pauvres, la stigmatisation voire la criminalisation de l'opposition et des mouvements sociaux, les politiques menées brutalement contre les plus défavorisés alors que des sommes d'un montant effarant sont parallèlement englouties dans des mesures destinées à une petite poignée de privilégiés (15 milliards d'euros de "paquet fiscal" aux familles aisées, 360 milliards pour les banques qui sont en grande partie responsables de la crise financière) ou totalement inefficaces (les heures supplémentaires), ne peuvent que susciter des interrogations, y compris parmi les 53% d'électeurs ayant voté en 2007 pour le programme néolibéral et néoconservateur de Nicolas Sarkozy.

L'Appel des appels vise aujourd'hui à faire converger dans un front uni du refus l'ensemble des mouvements de protestation du pays. "Alors que nos métiers respectifs, qu'il s'agisse de la santé, du soin, du travail social, de l'éducation, de la recherche, de la justice, de l'information et de la culture, subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement, le temps est venu de coordonner ces différents mouvements et d'en tirer tout le sens politique", écrivent-ils sur le site de l'Appel des appels (www.appeldesappels.org). Tous ceux qui refusent "la fatalité" sont invités à participer à un premier rendez-vous de Coordination Nationale qui aura lieu le 31 janvier prochain de 10H à 18H au Cenquatre (104 rue d'Aubervilliers 75019 Paris), deux jours après la journée nationale unitaire interprofessionnelle de grèves et de manifestations lancée par les organisations syndicales. L'objectif de la réunion est de "faire émerger des propositions d'actions transversales pour l'avenir" comme par exemple des actions de "désobéissance administrative". Une autre réunion de l'Appel des appels est déjà prévue pour le mois de mars afin de passer alors plus concrètement "du mode pétitionnaire au mode actif".