Astérix le Gaulois
Astérix le Gaulois

Astérix, l'irréductible petit Gaulois, fête ses quarante ans de papier le 29 octobre. Pour célébrer cet anniversaire sort Le livre d'Astérix le Gaulois, une somme, un monument, un menhir... pour tout savoir absolument sur le plus célèbre de tous les personnages de BD. Après 30 albums vendus à 290 millions d'exemplaires et traduits en 85 langues et dialectes et en attendant le 31ème prévu au printemps 2001, un ouvrage d'humour et d'érudition permet de plonger dans l'univers d'Astérix et de ses pères: René Goscinny, le scénariste qui réalisa 24 albums avant sa mort en 1977 et Albert Uderzo, le dessinateur qui reprit alors seul le flambeau en solo pour les six suivants. Ecrit par Olivier Andrieu, préfacé par Anne Goscinny, la fille de René, Le livre d'Astérix le Gaulois est publié chez Albert-René, la maison fondée par Uderzo. Il commence par une carte dépliable du monde antique figurant les itinéraires des voyages des Gaulois puis, en CXLIV pages (tout est numéroté en chiffres romains), décrit par le menu la vie quotidienne des irréductibles et les heurs et malheurs de ceux qu'ils fréquentent. Quatre grands chapitres vont élargissant la perspective: d'abord le Village et ses habitants puis la Gaule (Helvètes et grands Bretons compris) et le Monde (Rome mais aussi les Goths, les Egyptiens, les Hispaniques...). Le dernier chapitre, dont tous les sous titres sont en latin (Quo vadis, Errare humanum est, Fluctuat nec Mergitur, Vis comica...), présente l'univers d'Astérix: les citations, les dates, les anecdotes, la galerie de personnages inventés ou réels caricaturés: une bonne trentaine de Jacques Chirac, Kirk Douglas, Jean Gabin, Jean Marais, Raimu, Ringo Starr ou Lino Ventura. Illustrations en couleurs d'Uderzo à toutes les pages, documentation impeccable avec notices renvoyant à chaque album et même aux pages précises de l'album pour chaque dessin.

Olivier Andrieu révèle par ailleurs qu'une Bible datant de 1693 contenait des termes se rapprochant d'"Obélix" et "Astérix". Des moines de la communauté des pères dominicains d'Alger avaient en effet trouvé, il y a plus de 20 ans, sur une ligne d'un parchemin en latin datant du XVIIe siècle des noms étrangement proches d'Astérix (Astericis) et Obélix (Obelis). Amusés, ils avaient envoyé au journal Pilote leur découverte, qui avait laissé perplexes les pères d'Astérix, Albert Uderzo et René Goscinny. Occupé à rédiger son livre l'auteur s'est retrouvé en possession du texte qui était tombé dans l'oubli des archives des éditions Albert-René. Il lance alors toute une série de recherches via l'internet. "J'ai scanné le document et je l'ai mis sur mon site web. J'ai utilisé les listes de discussions spécialisées en recherche d'informations. Nous échangions par nos messageries électroniques", explique l'écrivain. "Puis j'ai été orienté vers d'autres listes de discussion pour rentrer en contact avec des documentalistes, des archivistes, des bibliothécaires". Olivier Andrieu reçoit des réponses du monde entier, avec un pic de 70 messages en moins de deux heures. Des internautes de France, du Québec, du Canada, de Belgique, de Suisse, du Liban ou d'Australie semblent se passionner pour cette "énigme anachronique". "Des personnes ont travaillé des heures, d'une façon totalement gratuite, pour ces recherches", s'enthousiasme Olivier. Le plongeon de certains websurfeurs dans les incunables ne tarde pas à donner ses fruits. "Une bibliothèque de Beyrouth a retrouvé le document original en latin et me l'a scanné. C'était la Bible de Saint Jérôme datant de 382 après Jésus Christ. Un moine vivant en Ardèche me l'a traduit", relate l'auteur. "Il y a trois semaines, le directeur du département des manuscrits de la Bibliothèque apostolique du Vatican m'a écrit pour me transmettre une photocopie des pages 1223 et 1224 de la traduction du début du livre des psaumes de la Bible de Saint Jérôme", poursuit le fan d'Astérix. Le texte original, "Ac in secunda editione Obelis et Astericis ab eodem ilustratus", se traduit, selon le texte conservé au Vatican, par "et dans la deuxième édition éclairée par le même (c'est-à-dire Saint-Jérôme) au moyen d'obèles et d'astérisques". En d'autres mots, Saint Jérôme indiquait qu'à partir de la première version (romane) de la Bible, il avait annoté la seconde version (gallicane) au moyen d'astérisques et d'obèles. L'obèle est un signe en forme de croix utilisé pour marquer un passage douteux dans les manuscrits anciens, explique dans son livre Olivier Andrieu. Selon lui, le rapport entre l'"Obelis et Astericis" de la Bible de Saint Jérôme et les héros de la BD serait un "hasard total", qui n'a pas été expliqué par la fille de René Goscinny. Mais, selon elle, son père aurait pu connaître la signification d'obèle, vu que la famille maternelle du scénariste possédait une imprimerie.