Jean Grosjean
Jean Grosjean

Issu d'une famille de vignerons et de mineurs de Franche-Comté, Jean Grosjean est né le 21 décembre 1912 à Paris. Son père est ingénieur des Arts et des Manufactures. Sa mère meurt alors qu'il a trois ans. Il passe son enfance en province et suit un parcours atypique. D'abord élève d'une école d'agriculture après le certificat d'études, puis ajusteur dans une usine, il reprend des études à l'âge de 17 ans dans une école des Frères où il découvre la Bible. Il étudie le latin et le grec, passe un baccalauréat de philosophie et entre au Séminaire Saint-Sulpice d'Issy les Moulineaux en 1933.

Jean Grosjean effectue son service militaire au Proche-orient puis séjourne entre 1936 et 1937 dans plusieurs pays de la région: Syrie, Irak, Palestine, Égypte, apprenant l'arabe et l'hébreu. En 1938 il rejoint la France après un passage à Rome et est ordonné prêtre catholique en 1939. Mobilisé, il est fait prisonnier dès le début de la guerre. Il rencontre André Malraux et Claude Gallimard dans des camps en Poméranie et au Brandebourg. Une profonde et durable amitié le liera toute sa vie avec les deux hommes. C'est Malraux qui fait publier en 1946 son premier recueil de poèmes, Terre du Temps, chez Gallimard.

A la fin de la guerre Jean Grosjean exerce son ministère ecclésiastique en banlieue parisienne, participant à l'expérience des prêtres ouvriers. Son cheminement intellectuel et spirituel le conduit à quitter l'Église en 1950, année où il se marie et publie les poèmes religieux d'Hypostases. Il se consacre dès lors à l'écriture, la poésie, l'étude de la Bible et la traduction tout en travaillant dans l'édition. Il est lecteur chez Gallimard et collabore activement à la Nouvelle Revue Française (Nrf) qu'il dirigera plus tard, de 1967 à 1986, avant de devenir conseiller de la maison d'édition jusqu'au début des années 2000. Il décède à Versailles le 11 avril 2006, à l'âge de 94 ans.

Marqué par sa formation théologique et ses voyages en Terre Sainte, poète inspiré par sa quête du divin et le rapport direct à la création, Jean Grosjean n'a cessé toute sa vie d'interroger et de méditer avec ferveur sur Dieu, la Vie et le Temps. Il reste comme l'une des figures les plus importantes de la poésie lyrique et contemplative française du XXe siècle et les titres de ses livres soulignent à eux seuls le lien qui unit son oeuvre à la spiritualité.

Il a publié une trentaine d'ouvrages, essentiellement des récits et des recueils de poèmes mais aussi des commentaires bibliques et plusieurs traductions de référence du Coran, de la Bible et d'auteurs tels que Eschyle, Sophocle et Shakespeare. Parmi les principaux titres citons, par ordre de parution: Terre du temps (1946); Hypostases (1950); Le Livre du Juste (1952); Fils de l'Homme (1954); Les Prophètes (1955); Majestés et Passants (1956); Le Marchand de Venise (1956); Austrasie (1960); Apocalypse (1962); Hyver (1964); Élégies (1967); Tragiques grecs (1967); La Gloire (1969); Clausewitz (1971); Le Messie (1974); Le Coran (1979); Les Beaux Jours (1980); Élie (1982); Darius (1983); Pilate (1983); Kleist (1985); La Reine de Saba (1987); La Genèse (1987); Samson (1989); Runes (1989); La Lueur des jours (1991); L'Évangile selon Jean (1991); L'Ironie christique (1991); Lecture de l'Apocalypse (1994); Les Versets de la sagesse (1996); Adam et Ève (1997); Cantilènes (1999); Les Vasistas (2000); Les Parvis (2003); La rumeur des cortèges (2005). Signalons aussi une biographie de l'auteur intitulée Jean Grosjean, publiée en 2005 par son ami Jean-Luc Maxence chez Seghers (collection Poètes d'aujourd'hui).