Droits de l'Homme en France
Droits de l'Homme en France

Alors que le monde célèbre cette semaine le 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) dresse un bilan particulièrement sombre en la matière pour la France et accuse Nicolas Sarkozy d'être responsable d'un net recul des droits humains fondamentaux dans notre pays. Dans son rapport de mai 2008 sur l'état des Droits de l'Homme en France, intitulé Une démocratie asphyxiée (Éditions de la Découverte), elle énumère les nombreuses et graves atteintes portées aux libertés, aux droits sociaux et plus globalement aux valeurs démocratiques.

La Ligue des Droits de l'Homme met notamment en cause la "monarchie élective" instaurée par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l'Elysée, ce dernier exerçant le pouvoir sans grand respect des valeurs républicaines. Une démocratie asphyxiée cite entre autres à titre d'illustration une déclaration de Rachida Dati qui en dit long sur la conception du pouvoir prévalant au plus haut sommet de l'Etat. Pour la ministre de la Justice, la Justice doit en effet être rendue "au nom de la légitimité suprême des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité".

Que ce soit en matière d'Éducation (apprentissage dès le plus jeune âge, retrait des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire), d'Immigration (création d'un Ministère de "l'Identité nationale" à dominante xénophobe, intensification de la chasse aux sans-papiers, immigration choisie, tests ADN et autres discriminations contre les minorités étrangères), de Justice (restriction des droits de la défense, réforme de la carte judiciaire), de Police (soumission aux "exigences du chiffre", droits des citoyens de moins en moins respectés, escalade du "tout sécuritaire"), de Politique sociale (aggravation générale de la crise, remise en cause de la protection des salariés, nouveau contrat de travail, manque de concertation avec les syndicats, fichage systématisé de la population, système de délation imposé aux travailleurs sociaux), ou encore de Logement, de Santé ou d'Institutions, la Ligue des Droits de l'Homme pointe un grand nombre de dérives où Nicolas Sarkozy est intervenu de façon très dangereuse pour les libertés démocratiques et les droits de l'homme. Au final, l'actuel Chef de l'Etat, qui tire argument d'avoir fait baisser l'audience de l'extrême-droite en France, est en réalité selon la LDH en train de réaliser à marche forcée le programme aussi anti-démocratique que liberticide de Jean-Marie Le Pen et du Front National.

Pour la Ligue des Droits de l'Homme, cette régression continuelle des libertés et du creusement des inégalités en France ne constitue d'ailleurs que la suite du programme entamé depuis 2002 par l'ex-Ministre de l'Intérieur dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin. Nicolas Sarkozy s'y était en effet déjà particulièrement illustré avec la mise en place d'un inquiétant arsenal législatif édicté sous son impulsion au nom de la lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine. Cela n'a pourtant pas apporté plus de sécurité puisque le nombre de délinquants a augmenté et que les risques d'attentats terroristes n'ont jamais été aussi élevés. En corrélation avec ce dernier point, la LDH n'hésite pas non plus à épingler durement la politique étrangère menée par Nicolas Sarkozy, toute teintée "d'atlantisme et d'ethnocentrisme" et plus soucieuse de signer des contrats de vente d'armes que de lutter pour les Droits de l'Homme dans le monde. La LDH, dont les valeurs sont depuis toujours opposées au racisme, aux injustices et aux violences qu'incarne aujourd'hui Nicolas Sarkozy, estime que la vision de ce dernier en matière de Droits de l'Homme se résume au "choc des civilisations et à un complexe de supériorité".