Georges Bataille
Georges Bataille

Une idée-cadeau pour votre mère à l'occasion des fêtes de Noël ? Offrez-lui l'outrageuse littérature de Georges Bataille en un beau volume de la Pléiade !

C'est un peu le pari transgressif des éditions Gallimard qui sacrent, à la veille des fêtes, l'auteur de Ma Mère dans leur célèbre collection qui rend les écrivains présentables. Les éditeurs — Jean-François Louette et Denis Hollier — souhaitent ainsi offrir à un public plus large une oeuvre majeure de la littérature française qui, quarante-deux ans après la mort de son auteur, reste toujours un peu méconnue.

Une oeuvre d'ancienne réputation sulfureuse, longtemps tenue comme maudite, un peu trop excessive, un peu trop transgressive, un peu trop rageuse, un peu trop mystique, un peu trop obscène, un peu trop obscure, un peu trop tout pour le grand public du XXe siècle. Certes, nombre de livres de Georges Bataille sont aujourd'hui étudiés dans les lycées et publiés en poche, mais on les trouve encore plus souvent dans les bibliothèques d'amateurs d'érotisme que dans les salons familiaux. "Je fais peur" disait-il, car "je ne peux laisser personne en paix".

Né en 1897, Georges Bataille connaît une enfance douloureuse avec une mère dépressive. Après avoir pensé devenir prêtre il renonce au Séminaire pour entrer à l'Ecole des Chartes. En 1922, il est nommé à la Bibliothèque Nationale où il travaillera une vingtaine d'années. Après avoir perdu définitivement la foi, il découvre Sade, Hegel, Nietzsche, Freud, dirige ou collabore à diverses revues (Documents, Critique Sociale, Acéphale,...) et mouvements intellectuels (Contre-Attaque, Le Collège de Sociologie Sacrée,...). Il publie sous divers pseudonymes ses premiers écrits mystico-érotiques "profanes": Histoire de l'Oeil, L'Anus solaire, Le Bleu du Ciel (écrit en 1934, publié en 1957), Madame Edwarda,... C'est dans les années '40 que ses principaux textes littéraires ou ses articles et essais plus directement philosophiques sont écrits — certains ne sortiront que lontemps après, réédités sous son vrai nom, regroupés en recueil (comme La Littérature et le Mal) ou parfois de façon posthume — : L'Archangélique, L'Abbé C, Le Coupable, Sur Nietzsche, L'Expérience intérieure, La Part maudite, etc.. tous poussant toujours un peu plus loin les extrêmes de la littérature qu'il combine avec la sociologie, la psychanalyse, l'histoire ou la religion, rejetant la "belle poésie" pour chercher à travers Eros et Dionysos l'Impossible sacré du sexe et de la mort.

Les éditeurs du volume de la Pléiade n'offrent que la part la plus abordable de l'oeuvre de Bataille, c'est-à-dire les romans et les récits, qui peuvent être lu à un niveau de simples textes érotiques. Ils ont toutefois veillé à organiser et à respecter au mieux les diverses versions et les volontés de l'auteur, s'attachant notamment à redonner les typographies et mises en page voulues à l'origine, ces dernières n'étant pas sans avoir une influence sur la lecture et donc un sens pour l'écrivain philosophe. Les textes sont également accompagnés de leurs illustrations originales réalisées par Pierre klossowski, Hans Bellmer ou André Masson.

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Georges Bataille, Romans et récits (La Pléiade, Éditions Gallimard).