La Gazette
La Gazette

Fondée par Théophraste Renaudot, médecin de Louis XIII, La Gazette est considérée comme le premier périodique de la presse française, même si un autre titre, les Nouvelles Ordinaires de Divers Endroits, rapidement interdit, est antérieur de quelques mois. Avant La Gazette, la France ne connaissait que des feuilles volantes sans périodicité régulière.

Protégé de Richelieu, Théophraste Renaudot, qui avait déjà à son actif un Bureau et Registre d'adresses publiant des petites annonces marchandes, obtient le privilège d'exploitation de l'information. Le premier numéro de La Gazette, sous-titré Nouvelles de Paris, est publié le 30 mai 1631. Tirée à 800 exemplaires de quatre à douze pages format 15x23 cm, elle paraît chaque vendredi. Son prix est celui d'une "gazetta", nom d'une monnaie et d'une feuille d'information vénitienne. Organe officieux du gouvernement, La Gazette publie des nouvelles parisiennes et étrangères. Richelieu et le Roi y publient leurs propres communiqués pour expliquer notamment leur politique étrangère.

En 1762, les descendants de Théophraste Renaudot cèdent le journal à Choiseul, ministre de Louis XV. La Gazette, désormais Journal Officiel du gouvernement, devient La Gazette de France et paraît deux fois par semaine. En 1787, le libraire-éditeur Charles-Joseph Panckouke la prend en location et l'ajoute à ses autres périodiques, Le Mercure de France et Le Moniteur universel. Il y adjoint un supplément qui publie les débats et les délibérations de l'Assemblée constituante. En 1791, elle retourne entre les mains du gouvernement et devient quotidienne l'année suivante. Après l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, elle prend le titre de Gazette Nationale de France.

L'orientation politique de La Gazette varie en fonction des pouvoirs en place: girondine, royaliste, bonapartiste, légitimiste,... Elle perd bientôt sa fonction de Journal Officiel. Au début du XXe siècle des écrivains et journalistes comme Charles Maurras et Jacques Bainville collaborent à cet organe de presse toujours royaliste qui disparaît dans l'indifférence générale au début de la Première Guerre mondiale.