Benoît Hamon
Benoît Hamon

Benoît Hamon est né le 26 juin 1967 à Saint-Renan (Finistère), au sein d'une famille d'ouvriers. Son père est chef d'atelier à l'Arsenal de Brest. Enfant, il passe quelques années à Dakar (Sénégal) où il entame des études au collège des frères maristes avant de revenir en Bretagne à la suite du divorce de ses parents.

Benoît Hamon découvre la politique au milieu des années '80 et commence à militer au sein de l'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) et de SOS-Racisme. En 1986, lors des grandes manifestations lycéennes et étudiantes contre la loi Devaquet, il intègre le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). Rocardien, il prend sa carte du Parti Socialiste l'année suivante.

En 1991, licence d'Histoire en poche, Benoît Hamon devient Assistant parlementaire de Pierre Brana, député PS de la Gironde. Il commence véritablement sa carrière politique deux ans plus tard, en 1993, lorsque fondateur avec Jean-Patrick Gille d'un courant baptisé "Nouvelle Gauche", il est élu Président d'un MJS rendu autonome par Michel Rocard. Il devient également membre du Bureau national du PS et occupe ces deux fonctions jusqu'en 1995.

Benoît Hamon devient ensuite Conseiller pour la Jeunesse auprès de Lionel Jospin (premier secrétaire du PS de 1995 à 1997), puis entre au cabinet de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes (1997-98), puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). De 2001 à 2004, il est employé par l'institut de sondages IPSOS, dont deux ans à titre de Directeur du planning stratégique. Parallèlement, de 1997 à 2003, il est responsable au PS de l'insertion professionnelle et de la formation continue, puis de l'animation des fédérations, ce qui lui permet de se construire progressivement un réseau.

En 2001, il est élu Conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge (Essonne) puis participe l'année suivante, aux côtés de Julien Dray, Christian Paul, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, à la création du Nouveau Parti Socialiste (NPS) dont il est nommé porte-parole. En 2003, il redevient membre du Bureau national du PS. Il publie avec Vincent Peillon et Arnaud Montebourg un livre-programme intitulé Au coeur de la gauche: Éléments pour un projet politique (Éditions Le bord de l'eau). En juin 2004, Benoît Hamon est élu député européen sur une liste socialiste intitulée "Et maintenant, l'Europe sociale". Au Parlement européen, il occupe des responsabilités au sein des commissions des affaires économiques et monétaires, du marché intérieur et de la protection des consommateurs, et des délégations pour les relations avec les Etats-Unis et Israël.

Benoît Hamon est partisan du "Non" au référendum de mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen. La même année, lors du congrès du PS, il se prononce en faveur de la synthèse et est désigné peu après Secrétaire national du parti, chargé du projet européen. Lors des primaires socialistes de 2006 pour l'investiture à l'élection présidentielle il soutient officiellement Laurent Fabius face à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. En novembre 2007, il démissionne de son poste de Secrétaire national suite à la décision du PS de voter le Traité modificatif européen voulu par Nicolas Sarkozy après le "Non" des français au référendum. Lors des élections législatives de 2007, il est désigné porte-parole du Parti socialiste. Il fonde peu après avec le Vert Noël Mamère et divers intellectuels un cercle de réflexion baptisé "La Forge", destiné à penser la refondation de la Gauche.

Adversaire déclaré des lignes social-démocrate de Ségolène Royal et social-libérale de Bertrand Delanoë, souhaitant surtout "changer l'orientation du parti et construire une nouvelle majorité [qui] refuse la mondialisation libérale", Benoît Hamon présente en septembre 2008 sa candidature pour remplacer François Hollande au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. A cet effet, en vue du prochain Congrès du parti (dit Congrès de Reims, prévu pour mi-novembre 2008), il dépose une motion intitulée Un monde d'avance qui rassemble toute l'aile gauche du PS, de Marie-Noëlle Lienemann (Gauche Avenir) à Henri Emmanuelli (Nouveau Parti Socialiste) en passant par Jean-Luc Mélenchon (Pour la République Sociale), Gérard Filoche (Démocratie & Socialisme), Marc Dolez (Forces Militantes) ou encore l'économiste Pierre Larrouturou.

Le texte met en avant six priorités: "construire un nouveau pacte européen, redistribuer les richesses, réguler le libre échange, affirmer le rôle économique de la puissance publique, promouvoir une politique étrangère de gauche, agir pour une société de progression des droits et de l'égalité". Pour Benoît Hamon, désormais leader de la gauche du Parti Socialiste, "On nous présentait comme de dangereux archaïques qui avaient un monde de retard. En réalité, nous avons un monde d'avance car l'actuelle situation de crise financière internationale démontre l'échec des solutions libérales". La motion Un monde d'avance obtient 18,6% des suffrages lors du vote des militants socialistes précédant le Congrès de Reims, derrière les motions de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry.

Benoit Hamon maintient cependant sa candidature au poste de Premier secrétaire. Le 21 novembre, arrivé en troisième position avec 22,4% des voix, derrière Ségolène Royal et Martine Aubry, il appelle les militants ayant voté pour lui à reporter leurs voix sur Martine Aubry.