Paris Wi-Fi
Paris Wi-Fi

La Mairie de Paris se veut rassurante. Après la polémique sur la nocivité des bornes Wi-Fi installées dans les espaces publics municipaux, notamment dans les bibliothèques, la municipalité vient de publier les conclusions de son enquête. Dans un communiqué signé par Maïté Errecart, Christophe Girard et Anne Hidalgo, elle indique que les résultats des mesures effectuées par "des laboratoires agréés, conformément au protocole de l'Agence Nationale des Fréquences [...] sur les installations wifi de quatre bibliothèques" ont confirmé "des niveaux de 80 à 400 fois inférieurs au seuil réglementaire". Elle précise en outre qu'à la suite de visites médicales, "aucune pathologie n'a été diagnostiquée" chez les employés municipaux s'étant plaint de maux de tête dûs aux ondes wi-fi.

Petit rappel des faits. Dans le cadre de son service Paris Wi-Fi — qui prévoit un accès haut débit pour 80% des immeubles parisiens à l'horizon 2010 — la capitale s'est dotée l'année dernière d'un réseau de quelque 400 hotspots Wi-Fi installés sur les sites municipaux (jardins publics, mairies, bibliothèques, musées, etc). L'accès à l'internet par ce réseau haut débit sans fil est ouvert à tous et entièrement gratuit. Mais une polémique est née fin 2007 lorsque plusieurs employés municipaux se sont plaints de malaises et de maux de tête. Ces troubles de santé furent attribués aux ondes électromagnétiques émises par le réseau Wi-Fi. Quatre bornes installées dans des bibliothèques municipales furent désactivés par précaution en attendant les résultats des tests.

Au vu des résultats, le cabinet de Bertrand Delanoë récuse aujourd'hui toute nocivité dûe au réseau Wi-Fi déployé dans les quelque 59 bibliothèques municipales de Paris. Il ajoute que les installations du réseau municipal parisien sont par ailleurs identiques à toutes celles installées dans les gares, les aéroports ou les universités françaises.

Les syndicats ne sont pas pour autant satisfaits des réponses de la Mairie de Paris. La CGT, CFTC, FO, Supap-FSU, UCP et UNSA lui reprochent notamment d'avoir sélectionné et nommé elle-même ses experts pour étudier le dossier. Les experts qu'ils voulaient entendre ont eux été récusés par la Mairie, aussi ont-ils décidé de boycotter la prochaine réunion du comité d'hygiène et de sécurité de la Direction des affaires culturelles.

Plusieurs associations comme entre autres Priartem, Agir pour l'Environnement et Robin des toits — déjà connues pour leur lutte contre l'installation des antennes-relais de téléphonie mobile — dénoncent les protocoles utilisés pour mesurer la dangerosité du WiFi. Elles demandent d'appliquer le principe de précaution avant de généraliser la technologie du "sans fil", dont les conséquences pour la santé demeurent selon elles "largement inconnues". Une autre association, le Criirem (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements Electro-Magnétiques.), s'est également allarmé récemment de l'exposition grandissante aux rayonnements électromagnétiques dans la vie quotidienne: bornes Wi-Fi, nouveaux téléphones Wi-Fi, puces RFID (identification par radio-fréquence, type Pass Navigo ou bornes Vélib', destinée à remplacer bientôt tous les codes-barre), etc. Selon elle, la fréquence couramment utilisée en Wi-Fi est "la fréquence pour agiter les molécules d'eau, c'est-à-dire celle d'un four à micro-ondes".

Une conférence citoyenne sur les ondes électromagnétiques, votée en juillet dernier par le Conseil de Paris, est actuellement mise en place afin que les parisiens puissent donner leur avis sur la question. Les résultats seront rendus publics au printemps 2009.