Peter Handke
Peter Handke

Peter Handke est un homme de convictions qui refuse toujours de jouer le jeu occidentaliste à la mode dans les milieux intellectuels européens.

Vivement critiqué dans les médias depuis le début des années '90 pour avoir pris position en faveur de la Serbie lors de la guerre en ex-Yougoslovie — il était à l'époque l'un des rares intellectuels européens à dénoncer publiquement le bombardement de la Serbie par l'OTAN, qu'il avait comparé à un "nouvel Auschwitz" — Peter Handke accepte aujourd'hui un fauteuil de membre de l'Académie Serbe Bosniaque des Sciences et des Arts (ANURS). Histoire d'enfoncer le clou, l'écrivain et dramaturge autrichien refuse en outre de concourir pour le Deutscher Buchpreis, l'équivalent allemand du Prix Goncourt qui doit être décerné en octobre prochain à la Foire du Livre de Francfort.

Sélectionné par le Deutscher Buchpreis pour son dernier roman intitulé Die morawische Nacht (éditions Suhrkamp), Peter Handke vient en effet d'adresser une lettre au secrétaire général du prix pour indiquer qu'il souhaitait se retirer de la liste des auteurs sélectionnés, officiellement "afin de favoriser les autres lauréats, en particulier les plus jeunes". L'auteur de La Leçon de la Sainte-Victoire (1980) a déjà renoncé en 2006 au prestigieux prix Heinrich Heine de la ville de Düsseldorf en raison de la polémique sur sa présence aux obsèques de Slobodan Milosevic.

Le soutien de Peter Handke au défunt président serbe lui a valu d'être censuré par la Comédie française qui devait jouer l'année dernière au Théâtre du Vieux-Colombier sa pièce Voyage au pays sonore ou l'Art de la question.

Romancier, dramaturge, traducteur, cinéaste, Peter Handke, né en 1942 en Autriche, vit en France depuis 1991. Considéré comme l'un des écrivains de langue allemande les plus importants de sa génération, il est l'auteur d'une cinquantaine de romans, essais et pièces de théâtre dont entre autres L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty (1970, adapté au cinéma par Wim Wenders), La femme gauchère (1976), Le Chinois de la Douleur (1983), Le Recommencement (1986), L'Après-midi d'un écrivain (1987) et un double faux journal autobiographique, Le Poids du Monde (1978) et Le Poids d'un Crayon (1983), où il mène une réflexion sur l'Art et la Vie.