Michel Houellebecq
Michel Houellebecq

Michel Houellebecq — pseudonyme de Michel Thomas — naît le 26 février 1956 à La Réunion. Son père, guide de haute montagne, et sa mère, médecin anesthésiste, se désintéressent très vite de son existence. Une demi-soeur naît quatre ans après lui. A six ans, il est confié à sa grand-mère paternelle, qui est communiste et dont il a adopté le nom comme pseudonyme.

Il vit à Dicy (Yonne), puis à Crécy-la-Chapelle. Interne au lycée Henri Moissan de Meaux; déjà ses camarades sentaient qu'il avait une capacité de réflexion et une puissance d'analyse, un recul sur les évènements tout à fait exceptionnels pour un garçon de son âge. On le surnommait "Einstein". A seize ans, il découvre Lovecraft, se retrouve sans doute dans cette phrase "Je ne participe jamais à ce qui m'entoure, je ne suis nulle part à ma place." Pendant sept ans, il suit les classes préparatoires aux grandes écoles.

En 1975, Michel Houellebecq s'inscrit à l'école supérieure d'agronomie. Sa grand-mère meurt en 1978. En 1980, il obtient un diplôme d'ingénieur agronome puis en 1981 un diplôme de l'Ecole Nationale Louis Lumière, section cinéma. Il épouse la même année la soeur d'un camarade. Commence alors pour lui une période de chômage. Son fils étienne naît en 1981.

A la suite de son divorce, une dépression conduit Michel Houellebecq à faire plusieurs séjours en milieu psychiatrique. Sa carrière littéraire commence dès l'âge de vingt ans, âge auquel il commence à fréquenter différents cercles poétiques. En 1985, il rencontre Michel Bulteau, directeur de la Nouvelle Revue de Paris, qui, le premier, publie ses poèmes; c'est le début d'une amitié indéfectible. Ce dernier lui propose également de participer à la collection des Infréquentables qu'il a créée aux éditions du Rocher.

C'est ainsi que Michel Houellebecq publie en 1991 la biographie de Howard P. Lovecraft, Contre le monde, contre la vie. Il intègre l'Assemblée Nationale en tant que secrétaire administratif. La même année paraît Rester vivant aux éditions de la Différence, puis chez le même éditeur, en 1992, le premier recueil de poèmes : La Poursuite du bonheur, qui obtient le prix Tristan Tzara. Il fait la connaissance de Marie-Pierre Gauthier. En 1994, Maurice Nadeau édite Extension du domaine de la lutte, son premier roman, actuellement traduit en plusieurs langues, qui le fait connaître à un public plus large.

Il collabore à de nombreuses revues (L'Atelier du roman, Perpendiculaires (dont il est ensuite exclu), Les Inrockuptibles). Depuis 1996, Michel Houellebecq est publié par Flammarion, où Raphaël Sorin est son éditeur. Son deuxième recueil de poèmes, Le Sens du combat, obtient le prix de Flore 1996. Rester vivant et La Poursuite du bonheur, remaniée pour l'occasion, sont réédités en un seul volume en 1997. En 1998, il reçoit le Grand Prix national des Lettres Jeunes Talents pour l'ensemble de son oeuvre.

Interventions, recueil de textes critiques et de chroniques, et Les Particules élémentaires, son second roman traduit en plus de 25 langues et lauréat du prix Novembre, paraissent simultanément. Il épouse Marie-Pierre la même année. En 1999, il co-adapte avec Philippe Harel Extension du domaine de la lutte au cinéma, que ce dernier met en scène. Il publie un nouveau recueil de poèmes, Renaissance. Au printemps 2000 sort sous le label Tricatel un disque, Présence humaine, où ses poèmes, lus par lui-même, sont mis en musique par Bertrand Burgalat.

Lanzarote, un recueil-coffret de textes et de photographies, paraît chez Flammarion au printemps 2000. Michel Houellebecq réside pendant quelques années en Irlande,dans une maison baptisée "The White House", dans le comté de Cork, où il a écrit en grande partie son troisième roman, Plateforme. Il s'installe ensuite en Espagne.

Le 17 septembre 2002, suite à une interview tronquée dans le magazine Lire dirigé par Pierre Assouline, Michel Houellebecq est accusé par différentes associations musulmanes ainsi que par le recteur de la mosquée de Paris, d'injures et incitation à la haine raciale. Il sera relaxé, grâce à la mobilisation des intellectuels, de ses lecteurs et au talent de Maître Pierrat son avocat; mais ce procès le marque au point qu'il décide de ne plus jamais répondre aux media et de quitter la France pour l'Espagne, où il vit en retrait. Longue période de réflexion à la suite de laquelle il annonce pour 2005 un nouveau roman ainsi qu'un film qu'il réalisera. Pour réaliser ces projets, il change en même temps d'éditeur et signe chez Fayard où il retrouvera son directeur littéraire Raphaël Sorin, avec qui il n'avait jamais perdu tout à fait le contact.

La possibilité d'une île

Le 31 août 2005, sort simultanément dans cinq pays d'Europe La possibilité du île pour lequel Michel Houellebecq a reçu 1.500.000 euros d'à-valoir. C'est l'évènement de la rentrée littéraire 2005. Les droits de traduction sont déjà pré-vendus à une vingtaine d'autres pays, dont les Etats-Unis, ainsi que l'adaptation au cinéma et les éditions en poche et clubs de livres, remboursant largement l'éditeur de son a-valoir. Le livre bénéficie en France d'un lancement exceptionnel propulsé par des médias déchaînés quinze jours avant même la mise en vente et d'un premier tirage de 200.000 exemplaires, suivi dès la première semaine de deux nouveaux tirages de 50.000 exemplaires chacun qui le placent immédiatement en tête des best-sellers de l'année malgré les réticences d'un réseau de libraires sous influence qui décide de ne pas mettre le livre en vitrine. Les épreuves du livre n'ont en effet été envoyés qu'à très peu de journalistes littéraires et aucune campagne de publicité payante n'est programmée dans la presse par l'éditeur, l'auteur n'autorisant la publication d'annonces publicitaires que dans le magazine Chien 2000.

Les dossiers et articles "critiques" émis par la presse écrite sont souvent polémiques, vindicatifs et inutilement agressifs, voire haineux, contre l'écrivain. Plusieurs livres consacrés à l'auteur sortent parallèlement en librairie, la plupart pour l'attaquer, sauf celui de son ami Arrabal. Dans un très beau texte autobiographique intitulé Mourir publié sur son site web, Michel Houellebecq répond indirectement à son biographe non autorisé Denis Demonpion (qu'il appelle "Demorpion") : "Jusqu'à ma mort, je resterai un tout petit enfant abandonné, hurlant de peur et de froid, affamé de caresses".