Olivier Durand

Olivier Durand, fondateur et président de l'Association pour la Reconnaissance du Vote Blanc, vient de publier le premier livre consacré à cette manifestation particulière du suffrage universel, considéré depuis le XIXe siècle comme une "voix perdue". "Le vote blanc est le genre de cheveu sur la soupe que l'on écarte régulièrement en feignant de ne pas le voir", écrit M. Durand en introduction de ce plaidoyer "pour un suffrage vraiment universel", le titre de cet ouvrage. Mis de côté lors du dépouillement, "le vote blanc considéré comme un suffrage exprimé" pourrait au contraire "jouer le rôle salutaire de carte blanche, confiée au citoyen", soutient M. Durand, en soulignant qu'il constitue "un vote protestataire" et non un geste de "désintérêt civique". L'ouvrage ne cache pas les difficultés, surtout d'ordre technique, qu'engendrerait la prise en compte des votes blancs, énumérées dans un courrier du ministère de l'Intérieur publié en annexe. Mais, citant à l'appui de sa thèse l'exemple de la Suède où le vote blanc a toujoursété considéré comme un suffrage exprimé, M. Durand s'applique à démontrer qu'il existe diverses solutions pour éviter un éventuel blocage des institutions. Le livre relève également que le vote blanc est un phénomène en constante évolution, avec un record de plus de 2 millions enregistré aux législatives de 1993. Selon un sondage réalisé l'an dernier, 36% des électeurs, soit environ 15 millions, ont voté blanc au moins une fois dans leur vie. Des personnalités appartenant à presque tous les courants politiques ont adhéré à un Collectif 1848 pour le vote blanc, créé en juin dernier à l'initiative de l'association de M. Durand. Parmi elles, le président du PPDF, l'ancien ministre Hervé de Charette, qui, signant la préface de ce livre, résume ainsi le débat: "la place du vote blanc dans les élections correspond aujourd'hui à la légitimité que l'on voudra bien accorder au vote protestataire".