Traces du Sacré
Traces du Sacré

Art contemporain et Spiritualité sont les deux pôles magnétiques de l'exposition Traces du Sacré, présentée jusqu'au 11 août au Musée National d'Art Moderne du Centre Georges Pompidou. Initiée il y a trois ans par le directeur du MNAM, Alfred Pacquement, et conçue par Jean de Loisy et Angela Lampe, Traces du Sacré ne manque pas d'ambition et d'envergure. Quelque 350 oeuvres de 200 artistes de renommée internationale y sont convoquées dans un intelligent mélange des genres pour interroger ce qui s'est passé entre l'art et le questionnement spirituel de l'homme occidental, celui d'après la mort de Dieu et le désenchantement du monde (cf. Friedrich Nietzsche et Max Weber). Selon les deux commissaires de l'exposition, une partie de l'art moderne et contemporain s'est inventée à partir des préoccupations métaphysiques des artistes, certes délivrés des croyances religieuses et de la sujétion aux églises, mais pas du questionnement sur la place de l'Homme dans la création, donc de ses rapports avec la nature, le cosmos et in fine le divin et la transcendance. Traces du Sacré tente d'interroger la manière dont ce questionnement métaphysique continue de participer à la création artistique et nous invite à explorer le vaste champ des rapports qu'entretiennent aujourd'hui l'Homme, l'Art et le Sacré. Pour Alfred Pacquement Traces du Sacré élargit le propos de la création artistique contemporaine "du crépuscule des dieux nietzschéen aux nouveaux paradis de la beat generation, de l'occultisme à l'homme nouveau, de la quête de l'absolu au sacrifice ou à l'Apocalypse".

De fait, dans un foisonnant parcours non chronologique qui s'ouvre sur quelques grands précurseurs (Francisco Goya, Victor Hugo, August Strindberg, Caspar David Friedrich, Ferdinand Hodler, Edvard Munch,...), Traces du Sacré embrasse à travers une série d'étapes thématiques — la Trace des dieux enfuis, Au-delà du visible, les grands Initiés, Sagesses orientales, Eros et Thanatos, Révélations cosmiques, Spiritualités païennes, l'Ombre de Dieu, Apocalypses, Nostalgie de l'Infini, Danses sacrées, Art sacré, Malgré la Nuit, l'Absolu, Elévations, Doors of perception, Eden, Sacrifice, Offenses, etc. — toute l'histoire de l'art du XXe siècle, de Pablo Picasso à Bill Viola en passant par Auguste Rodin, Marcel Duchamp, Henri Matisse, Georges Rouault, Kasimir Malevitch, Constantin Brancusi, Giorgio De Chirico, Vassily Kandinsky, Piet Mondrian, Francis Bacon, Andy Warhol, Mark Rothko, Otto Dix, Max Beckmann, Francis Picabia, Salvador Dali, Max Ernst, Jackson Pollock, Joseph Beuys, Damien Hirst, Barnett Newman, Bruce Nauman, Marcel Janco, Pierre Soulages, Jean-Michel Alberola, Christian Boltanski, Yves Klein, Lucio Fontana, Pierre Buraglio, Maurizio Catalan, Anish Kapoor, Nam June Paik et bien d'autres, y compris des musiciens (John Cage), des photographes (Man Ray), des danseurs (Vaslav Nijinski, Mary Wigman) et des poètes (André Breton, Allen Ginsberg, Brion Gysin).

De nombreuses pièces de l'exposition, issues de collections particulières et des plus grands musées d'Europe et des Etats-Unis, sont inédites en France. Fidèle au genre pluridisciplinaire et interdiscplinaire qui constitue l'une de ses marques de fabrique, le Centre Pompidou nous invite aussi, au-delà des peintures, sculptures, vidéos et installations de Traces du Sacré, à compléter le parcours en suivant le programme de spectacles, films, concerts et conférences qui accompagnent l'exposition.

Traces du Sacré, jusqu'au 11 août 2008 au Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, 19 rue Beaubourg 75004 Paris, Tél: 0144781233. Catalogue et livret de l'exposition réalisés sous la direction de Jean de Loisy, Angela Lampe et Mark Alizart (Éditions du Centre Pompidou). Après Paris, Traces du Sacré sera présentée au Haus der Kunst de Munich (Allemagne) de septembre 2008 à janvier 2009.