Jean-Pierre Elkabbach
Jean-Pierre Elkabbach

Jean-Pierre Elkabbach est né le 29 septembre 1937 à Oran (Algérie, alors colonie française). Lycéen passionné de comédie, il doit abandonner le théâtre à cause de son accent trop marqué de Juif pied-noir. Après des études de Lettres, de Sciences politiques et de Journalisme effectuées à Paris, il devient en 1960 correspondant de l'ORTF à Alger puis intègre le bureau parisien l'année suivante. En 1968, puni pour avoir fait grève comme nombre de ses confrères pendant les évènements de mai, Jean-Pierre Elkabbach est muté à Toulouse puis à Bonn (Allemagne) en 1969. Il devient ensuite présentateur de journal télévisé, d'abord sur la Première Chaîne de Pierre Desgraupes entre 1970 et 1972, puis jusqu'en 1974 sur Antenne 2 où il anime aussi le magazine "Actuel 2".

À la suite de l'éclatement de l'ORTF, Jean-Pierre Elkabbach intègre France Inter, où il présente alors la tranche d'information du midi, le "12-14". Il grimpe rapidement les échelons du service public d'information où il est nommé successivement rédacteur en chef de France Inter en 1975, rédacteur en chef à la direction de l'information de Radio France en 1976 et directeur de l'information d'Antenne 2 en 1977 aux côtés du Président Maurice Ulrich. Sur cette chaîne, il anime également diverses émissions de débat comme entre autres "Questions de temps" et "Cartes sur table", avec Alain Duhamel, de 1977 à 1981.

Giscardien très engagé en faveur de la majorité de droite, Jean-Pierre Elkabbach démissionne d'Antenne 2 après l'élection de François Mitterrand en 1981. Il rebondit à Europe 1 où il crée et anime à partir de 1982 l'émission "Découvertes". En 1987, il devient directeur d'antenne de la radio et présentateur de la tranche 8H-9H, puis directeur général adjoint en 1988. En 1990, tout en conservant ses fonctions à Europe 1, il devient Conseiller auprès du PDG de La Cinq (Yves Sabouret) où il anime aussi les émissions "Pile et Face" et "Dimanche Elkabbach". De 1992 à 1993, il co-présente avec Alain Duhamel sur Europe 1 le "Club de la Presse" tout en animant aussi le magazine "Repères" sur France 3.

En décembre 1993, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) nomme Jean-Pierre Elkabbach à la tête du Groupe France Télévisions, qui regroupe notamment les chaînes France 2 et France 3. En 1996, il est accusé de mauvaise gestion de la télévision publique, en particulier à la suite du scandale des animateurs-producteurs (Jean-Luc Delarue, Arthur, Nagui, et autres "voleurs de patates" selon Les Guignols de l'Info), bénéficiaires de très juteux contrats qu'il leur a consentis. Jean-Pierre Elkabbach est contraint de démissionner de son poste. Il reprend ses émissions à Europe 1 ("L'invité du matin", "Le Club de la Presse") et intègre le Groupe Lagardère où il est nommé Conseiller pour la stratégie médias.

En 1999, Jean-Pierre Elkabbach crée la chaîne Public Sénat, dont il occupe la présidence, et s'y octroie d'office une émission de débat culturel baptisée "Bibliothèque Médicis". En 2000, il prend également la présidence de La Chaîne Parlementaire (LCP).

En 2005 il est nommé Directeur général de l'antenne et Président d'Europe 1 (dite aussi "Radio Sarko" lors de la campagne présidentielle de 2007), poste qu'il est contraint de quitter en 2008 à la suite d'une polémique sur son faux scoop annonçant la mort de l'animateur Pascal Sevran. Remplacé en juin 2008 à la tête d'Europe 1 par Alexandre Bompard, venu de Canal+, Jean-Pierre Elkabbach conserve toutefois son interview politique quotidien. Il est en outre nommé Président de Lagardère News, une nouvelle entité créée par Lagardère Active (branche médias du groupe Lagardère), où il a pour mission de gérer les investissements et les commandes de reportages pour Paris Match, Le Journal du Dimanche et Europe 1. En avril 2009, Gilles Leclerc lui succède à la présidence de La Chaîne Parlementaire / Public Sénat mais il continue toutefois son émission culturelle Bibliothèque Médicis.

D'un avis partagé par la plupart des observateurs, l'ascension et les postes de responsabilité qui ont été confiés à Jean-Pierre Elkabbach tout au long de sa carrière dans les médias doivent sans doute plus à sa servilité et à sa connivence avec les puissants et les hommes de la droite au pouvoir — de Valéry Giscard d'Estaing à Nicolas Sarkozy en passant par Edouard Balladur ou encore Jean-Luc et Arnaud Lagardère — qu'à ses compétences de journaliste et de gestionnaire. Les divers scandales et polémiques qu'il a par ailleurs suscités (affaires Claude Sérillon, Pascal Sevran, Zoel Zaoui, etc.) et les inombrables cas de censure et de désinformation politique (affaires Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, etc.) dont il est s'est fait une spécialité, font malheureusement de lui l'un des meilleurs représentants de ce qu'il convient d'appeler le "journalisme de cour".

Jean-Pierre Elkabbach est l'auteur de plusieurs livres, dont notamment Actuel 2 (1973), Taisez vous Elkabbach ! (1982, co-écrit avec son épouse, la romancière Nicole Avril), 29 mois et quelques jours (1997), Passion et longueur de temps (1989, entretiens avec Édouard Balladur). Il a également signé le film documentaire François Mitterrand: Conversations avec un Président (série d'entretiens réalisés en 1993 et 1994 et diffusés sur France 2 en 2001).

À noter enfin que Jean-Pierre Elkabbach est Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur et lauréat du Prix Iznogoud 1996, décerné par le Festival Humour et Eau Salée, qui récompense "une personnalité qui a tenté de devenir calife à la place du calife". Il y cotoie plusieurs de ses amis proches comme Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Édouard Balladur, Alain Juppé et bien sûr Nicolas Sarkozy.