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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon

Seule voix discordante à tenter de se faire entendre dans l'intense opération de désinformation et de propagande médiatique française entourant les Jeux Olympiques de Pékin, Jean-Luc Mélenchon s'est lancé aujourd'hui sur Europe 1 dans une critique en règle du Dalaï Lama et de Robert Ménard. Le sénateur PS de l'Essonne dénonce l'engouement irréfléchi pour la cause tibétaine et estime que l'appel au boycott des Jeux Olympiques de Pékin est une agression teintée de racisme contre le peuple chinois. "Ce qui se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de chinois qui ont voulu et préparent activement les jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmite", écrit-il sur son blog.

Pour Jean-Luc Mélenchon, il y a en effet une grande hypocrisie à lancer aujourd'hui ce genre d'action contre la Chine, quelques mois avant l'ouverture des J.O, alors que personne n'a rien dit lorsque la rencontre sportive a été attribuée il y a six ans et que la situation du Tibet est connue de tous depuis longtemps. Il se demande aussi pourquoi la France championne des Droits de l'Homme n'affronte pas plutôt la Chine dans le domaine des relations commerciales et politiques. Sans pour autant défendre le régime chinois, Jean-Luc Mélenchon rappelle que le Tibet est chinois depuis le 14e siècle et que l'opposition de Lhassa date de l'époque où la Chine a décidé d'abolir le servage et la Charria version tibétaine pratiqués par le régime théocratique du Dalaï Lama. Selon lui, dire que le Tibet a été "envahi" par la Chine, c'est un peu comme dire que la Vendée royaliste du 18e siècle a été "envahie" par la France. Il met également à bas les clichés sur le "génocide culturel" du Tibet au vu des progès accomplis ces dernières décennies: doublement de la population tibétaine et de son espérance de vie, scolarisation des enfants, développement de la langue tibétaine, etc.

Pour ce qui concerne "le roi des moines bouddhistes du Tibet", c'est-à-dire le Dalaï Lama -- "que vous trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet" --, le très laïque Jean-Luc Mélenchon avoue ne pas partager l'enthousiasme béat qui prévaut en sa faveur et il n'éprouve aucune sympathie pour sa cause, même non-violente. Il est en désaccord avec les tentatives sécessionnistes et le projet politique aussi archaïque que théocratique de son gouvernement en exil, dont il rappelle certaines positions notamment contre l'avortement et l'homosexualité. Le sénateur socialiste juge également que le dossier du Tibet, tel qu'il est présenté actuellement pas ses partisans, est un facteur de violences et de guerres aussi considérable que celui des Balkans.

Jean-Luc Mélenchon souligne enfin avec justesse que les évènements récents à Lhassa sont traités de façon propagandiste par les médias français en dépit des faits réels à l'origine des troubles, à savoir que tout a commencé par un pogrom de commerçants chinois par des tibétains, comme le montre l'enquête d'Arrêt sur image (le site de Daniel Schneidermann consacré au décryptage et à la critique des médias). Selon lui, les évènements actuels au Tibet sont en réalité un prétexte pour diaboliser la Chine et les médias français embarqués développent une vision purement binaire, aussi caricaturale que simpliste, d'un ordre du monde en noir et blanc, avec d'un côté les gentils comme le Dalaï Lama et de l'autre les méchants chinois.

À tous les défenseurs des Droits de l'Homme qui appellent au boycottage des Jeux Olympiques de Pékin sans même connaître l'histoire du Tibet ou le nom du président de la République chinoise, Jean-Luc Mélenchon rappelle que les Etats-Unis, comme la Chine, pratiquent aussi la peine de mort et la torture légalisée. Il fustige ces "indignations à géométrie variable" dont Robert Ménard, secrétaire général de Reporters Sans Frontières (RSF) et principal organisateur des manifestations anti-chinoises, s'est fait le héraut. Ce "personnage suspect" -- au vu de son action politique à la tête de de RSF il penche à l'évidence du côté des néo-conservateurs américains qui, selon Maxime Vivas (La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux faucons du Pentagone, éditions Aden, 2007) financeraient en partie son association -- semble vouloir représenter "à lui tout seul la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International et les syndicats de journalistes". Il "a un comportement qui soulève des questions sérieuses au sujet des motivations de son action", estime Jean-Luc Mélenchon.