Carla Bruni-Sarkozy
Carla Bruni-Sarkozy

Nicolas aime Carla et tout le monde doit en parler. Après son divorce avec Cécilia et sa liaison avec le Colonel Kadhafi, Nicolas Sarkozy sort avec la chanteuse ex-top modèle Carla Bruni. Le ban et l'arrière-ban de la presse people — Point de vue, Paris Match et Closer — ont été indirectement invités à envoyer leurs meilleurs paparazzi pour prendre des clichés du nouveau couple présidentiel en goguette amoureuse au Disneyland de Marne la Vallée. Interrogé par la presse de référence qui en fait sa une du jour — Le Figaro, Libération, L'Express et Le Parisien --, Mickey a confirmé la nouvelle, précisant que cette attraction cartonnait auprès des enfants, ces grands français. Le service de communication du Chef de l'Etat ayant parallèlement déserté l'Elysée pour s'installer à la rédaction de l'hebdomadaire du gotha et de l'actualité heureuse, aucun communiqué officiel n'a encore été diffusé, mais on promet que les photos des tourtereaux seront publiées mercredi. Carla Bruni et Nicolas Sarkozy animeront ce jour-là, l'une l'arbre de Noël de l'Élysée (un sapin bio décoré d'ampoules basse consommation), l'autre la conférence sociale sur le pouvoir d'achat, le temps de travail et le dialogue social. A cette occasion, le journaliste Jean-Pierre Pernaut recevra en cadeau un livre de contes de Noël sur les riches heures médiatico-sentimentales du Président de la République, ouvrage que ce grand professionnel des médias ne manquera pas de lire intégralement au Journal télévisé de TF1.

Pour mémoire, rappelons-en quelques épidodes déjà largement divulgués. En août 1984, dans la charmante ville de Neuilly-sur-Seine dont il est maire, Nicolas Sarkozy tombe fou amoureux d'une princesse espagnole, Cécilia Ciganer Albéniz, qu'il doit marier avec un certain Jacques Martin, animateur de la célèbre émission télé L'École des fans. Subjugué par cette femme d'1m78 (soit plus de 10 cm que lui), déjà mère et enceinte de 9 mois au moment de la cérémonie, le futur Président de la République fera tout pour la conquérir. Lui-même déjà marié et père de famille, il en fait sa concubine dès l'année suivante et l'épouse officiellement huit ans plus tard. Cécilia Sarkozy s'emploie alors à booster Nicolas jusqu'au magistère supprême, sans toutefois éviter de le cocufier en 2004, alors qu'il n'est encore que Ministre de l'Intérieur. Ce chapitre inspirera à l'époque un livre rapidement censuré et vaudra le limogeage du rédacteur en chef de Paris Match qui n'avait rien compris à son métier de journaliste. En 2007, avide d'accéder au trône, Nicolas s'affiche avec Cécilia tout au long d'une campagne électorale riche en rumeurs pipolitiques. Mission remplie en matière d'ambition présidentielle, la première Dame de France le quittera cependant, lasse et sans regrets, en octobre 2007, quelques mois après son couronnement. Playboy invétéré en montre Rolex et lunettes Ray-Ban, le jeune divorcé de 53 ans, plus glamour que jamais, séduit dès lors tout le monde, des joggeurs aux chefs d'Etat néoconservateurs en passant par les plus belles journalistes. On lui prête des liaisons avec la ministre de la Justice Rachida Dati, la navigatrice Maud Fontenoy, les journalistes Anne Fulda et Laurence Ferrari ou encore la top model anorexique Milla Jovovich. Mais son choix se porte finalement sur une artiste, Carla Bruni. Le coup de foudre, aussi réciproque que fulgurant, a eu lieu chez le publicitaire Jacques Séguéla. Les deux stars romantiques se revoient à l'Elysée pour parler en amoureux du piratage sur internet puis passent un wek-end à La Lanterne, résidence secondaire de Nicolas au château de Versailles. A l'évidence guéri de son chagrin avec Cécilia, le Président de la République affiche aujourd'hui son idylle dans le cadre féérique de Disneyland où il vole la vedette à Mickey, Zorro et les sept nains réunis, tandis que la jeune quadragénaire Carla essaie les costumes de Blanche-Neige et de Cendrillon. Suite de la romance au prochain épisode, en kiosque mercredi.

La fée Carla Bruni a tout pour plaire à Nicolas Sarkozy. Top-model people, elle confirme ce que révèlait la biographie admirative de Catherine Nay (Un pouvoir nommé désir), à savoir que, en dépit de ses talonnettes, l'homme est un véritable séducteur, ce qui fait toujours bien pour un divorcé qui risquerait sinon de passer pour un looser qui ne baise pas. Belle et riche — elle appartient à une grande famille d'industriels italiens et gagne bien sa vie en droits d'auteur — elle satisfait ses goûts de parvenu amateur de luxe clinquant. Jet-setter issue d'un milieu artiste (son père Alberto Bruni-Tedeschi est compositeur d'opéra, sa mère Marysa Borini est pianiste concertiste), comédienne dans Paparazzi, auteur-interprète des albums Quelqu'un m'a dit et No Promises, elle le conforte dans son univers de prince des médias toujours prêt à distribuer rêves, paillettes et chansons de variété au bon peuple. Petite-fille de juifs, ex-compagne de l'avocat sioniste franco-israélien Arno Klarsfeld (un ami de Nicolas Sarkozy récemment propulsé conseiller spécial du premier ministre François Fillon), Carla Bruni est aussi une grande amie d'Israël, conditio sine qua non pour devenir amie du président, sinon première Dame de France. Séductrice aux nombreux amants (Mick Jagger, Eric Clapton, Louis Bertignac, Arno Klarsfeld, Charles Berling, etc..), elle ne craint également pas plus que Nicolas Sarkozy de défrayer la chronique avec ses aventures amoureuses, comme ce fut le cas lors de la parution du best-seller de Justine Lévy (fille de Bernard-Henri Lévy), Rien de grave. Dans ce livre, la romancière relatait la liaison entre son mari, le philosophe Raphaël Enthoven, et Carla Bruni, qui vivait avec le père de ce dernier, l'éditeur Jean-Paul Enthoven. La chanteuse évoque aussi cette histoire d'amour incestueuse dans l'un de ses albums. Enfin, Carla Bruni a incontestablement un air de ressemblance, pas seulement physique, avec Cécilia.

N'allez toutefois pas imaginer que l'idylle de Carla Bruni et Nicolas Sarkozy est une opération de communication savamment mise en scène, car, tout austère politicien qu'il est, le Chef de l'Etat est aussi un homme sensible et plein de pudeur qui n'aime pas étaler sa vie privée sur la place publique. Ce n'est pas lui qui s'exposerait aux flash des paparazzi et médiatiserait ses histoires d'amour comme une vulgaire star du show-bizz. Lors de son divorce avec Cécilia en octobre dernier, après avoir lâché ses larmes sur FR3, il n'avait pas hésité à rabrouer la presse, leur lançant: "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Si vous croyez que les Français m'ont élu pour autre chose que travailler, travailler et encore travailler. Pour le reste, les Français ne me demandent aucun commentaire. Cela les intéresse beaucoup moins que vous, peut-être également qu'ils ont plus de pudeur et plus de discrétion, oserais-je dire un poil d'élégance en plus".

Parmi les réactions des groupies lectrices de Gala et de Annales de l'Histoire de France, la ministre du Logement Christine Boutin a déclaré "Tant mieux si le président de la République est heureux" et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, d'ajouter: "Elle chante bien, Carla".