José Bové
José Bové

José Bové (Joseph Bové pour l'Etat civil) est né à Talence (Gironde) le 11 juin 1953. Son père, d'origine luxembourgeoise, est directeur de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) et sa mère professeur de sciences naturelles. Il passe une partie de son enfance aux …tats-Unis, ses parents travaillant à l'Université de Berkeley. José Bové obtient son bac avec mention, malgré son renvoi du Lycée jésuite d'Athis-Mons en 1968, puis entame des études à l'Université de Bordeaux, envisageant un temps de devenir prof de philosophie.

Pacifiste et antimilitariste, proche des mouvements chrétiens ouvriers, José Bové milite dans les mouvements contestataires non-violents du début des années '70, voyage en Inde et fréquente la communauté de Lanza del Vasto. Réfractaire à l'armée, il refuse en 1972 d'effectuer son service militaire, ce qui lui vaut le statut de déserteur, puis prend part en 1973 à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac. Il écope alors de quatre mois de prison avec sursis et est privé de ses droits civiques en raison de ses activités antimilitaristes.

En 1976, José Bové s'installe avec sa femme (Alice Monier, qu'il a rencontré à la fac de Bordeaux en 1971) et sa fille, dans une ferme abandonnée du plateau du Larzac, sur le hameau de Montredon. Il élève des moutons sur les terres convoitées par l'armée. Il s'engage activement dans les luttes paysannes et antimilitaristes jusqu'à la victoire de la gauche en 1981 et l'annonce par FranÁois Mitterrand de l'abandon du projet militaire du Larzac. José Bové continue dès lors à militer pour une agriculture et une politique agricole différentes, créant fin 1981 le Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron puis participant à la fondation, en 1987, du syndicat agricole La Confédération paysanne dont il deviendra l'un des secrétaires nationaux et le porte-parole officiel. A l'opposé des autres syndicats agricoles, ce mouvement de jeunes paysans de gauche prÙne une agriculture non intensive, à dimension humaine, qui privilégie avant tout le respect des consommateurs et de l'environnement. Il sera particulièrement actif dans les luttes contre le démembrement foncier et les lobbys de l'industrie agro-alimentaire.

Durant les années '90 José Bové, qui puise son inspiration en partie dans les oeuvres du Mahatma Gandhi, d'Henry-David Thoreau et de Jacques Ellul, multiplie les actions de désobéissance civile. Il se bat notamment contre la malbouffe, les organismes génétiquement modifiés (OGM) et l'industrie nucléaire. Le paysan anarcho-syndicaliste est présent dans le monde entier à toutes les grandes réunions et manifestations alter-mondialistes qu'il contribue à médiatiser. Héraut de la lutte contre la mondialisation néolibérale, il est l'un des membres fondateurs d'ATTAC en 1998. En ao˚t 1999, il est arrÍté après le démontage d'un McDo à Millau (Aveyron), symbole de la malbouffe et du capitalisme sauvage (action pour laquelle il sera condamné en septembre 2000 à trois mois de prison ferme). La mÍme année il participe aux manifestations contre le Sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) réunie à Seattle (Etats-Unis). En janvier 2001, lors du Forum Social Mondial de Porto Alegre (Brésil), il mène une action contre une usine de production de semences transgéniques de la multinationale Monsanto. Il manifeste ensuite à GÍnes lors du Sommet du G8, marqué par de graves violences entre la police et les manifestants altermondialistes.

Sympathisant pro-palestinien, José Bové se rend également en mars 2002 dans les Territoires occupés pour commémorer le Jour de la Terre avec les paysans palestiniens. Il en profite pour rendre visite au président palestinien Yasser Arafat, alors assiégé par l'armée israélienne à Ramallah, mais il est arrÍté par Tsahal, brièvement emprisonné puis expulsé d'IsraÎl. ¿ son retour en France, il est violemment agressé par des extrÍmistes de la communauté juive qui lui reprochent d'avoir déclaré qu'IsraÎl était comme les Etats-Unis "une sentinelle avancée du libéralisme sauvage".

Durant les années 2000 José Bové est condamné à de multiples reprises par la Justice pour son activité militante. Il écope en particulier de dix mois mois de prison ferme et est incarcéré en juin 2003 pour ses participations répétées à des actions de fauchage de champs de colza et de maÔs OGM. En 2004, il abandonne sa fonction de porte-parole de La Confédération paysanne pour devenir porte-parole de l'organisation paysanne internationale Via Campesina, ce qui lui permet de rencontrer officiellement de nombreux hauts responsables ou chefs d'Etat, comme entre autres Kofi Annan (Secrétaire général de l'ONU) ou Evo Morales (député paysan indien élu président de la République de Bolivie en 2005), à qui il soumet un projet de Via Campesina visant à faire reconnaÓtre dans le monde entier la souveraineté alimentaire comme un nouveau Droit de l'Homme.

En France, José Bové appelle parallèlement à voter Non au référendum de mai 2005 sur le Traité de Constitution européenne. En juin 2006, il se déclare candidat candidat à l'élection présidentielle de 2007 pour défendre le projet d'une gauche "antilibérale, écologique, antiproductiviste et altermondialiste". Suite à des luttes intestines dans le choix d'une candidature commune à l'ensemble de la gauche de la gauche, il se retire provisoirement de l'investiture des collectifs anti-libéraux mais revient dans la course à l'Elysée en février 2007, à titre de "candidat des sans-voix". Au premier tour de l'élection présidentielle d'avril 2007, José Bové obtient 483.008 voix, soit 1,32% des suffrages exprimés. Il appelle à voter au second tour pour la candidate socialiste, Ségolène Royal. Début janvier 2008, estimant que les promesses du gouvernement sur un moratoire pour l'arrÍt des cultures d'OGM en France ne sont pas tenues, il entame une grève de la faim.

Parmi les principaux ouvrages publiés par José Bové, signalons entre autres La Révolte d'un paysan (éditions Golias, 2000), Retour de Palestine (éditions Mille et Une Nuits, 2002), Paysan du Monde (2002, avec Gilles Luneau), La Confédération paysanne (2003, avec Yves Manguy), Le Monde n'est pas une marchandise (éditions La Découverte, 2004), Pour la désobéissance civique (éditions La Découverte, 2004) et Candidat rebelle (2007).