Apple Mac Os X Leopard
Apple Mac Os X Leopard

Avec quelque mois de retard sur le calendrier prévu — lancement de l'iPhone oblige — Apple sort officiellement aujourd'hui dans le monde entier la sixième version majeure de Mac Os X, le système d'exploitation Unix des ordinateurs Macintosh. Baptisée "Leopard" (10.5) — après Tiger (10.4), Panther (10.3), Jaguar (10.2), Puma (10.1) et le premier Cheetah (10.0) sorti en mars 2001 — cette nouvelle mouture ne devrait pas décevoir les consommateurs. Quelque 300 fonctionnalités ont été ajoutées ou améliorées, selon Apple, même si toutes ne sont pas absolument novatrices ou vraiment utiles à l'utilisateur moyen.

Au premier regard porté sur l'interface, rien ne semble vraiment différend de Mac Os X Tiger, mais les nouveautés se dévoilent au fur et à mesure de l'exploration du logiciel système. Parmi les principales, citons notamment "Time Machine", un module de sauvegarde automatique qui permet de restaurer rapidement d'anciennes données, de retrouver des fichiers effacés ou même de réinstaller tout le contenu de l'ordinateur, pour peu qu'un disque dur soit monté en parallèle pour enregistrer les sauvegardes. Autre nouveauté, la possibilité avec "Stacks" de regrouper dans le Dock en 3D des piles virtuelles de fichiers ou d'applications et de les feuilleter en éventail directement dans le Finder, à la manière Cover flow déjà exploitée sur iTunes. Grâce à "Quick Look" on peut en même temps prévisualiser le contenu des documents sans avoir à les ouvrir. "Spaces" est lui un gestionnaire de bureaux virtuels qui permet de créer et déplacer des espaces et des groupes de fenêtres personnalisées. Plusieurs applications maison sont également mises à jour. C'est le cas notamment du logiciel de courrier "Mail", qui intègre désormais un lecteur de flux RSS, permet de dresser des listes de tâches synchronisées avec iCal, et génère des messages comme de véritables pages web via une trentaine de modèles de mise en page. Le calendrier "iCal" prend en charge les utilisateurs multiples ainsi que le nouveau standard CalDAV. La messagerie instantanée et les rendez-vous en visio-conférence s'autorisent des présentations avec montages photos ou vidéos grâce au nouveau "iChat Theater". "Photo Booth" s'enrichit d'un plus grand nombre de filtres. Front Row et sa petite télécommande arrivent en version actualisée. "Web Clip" permet de convertir des extraits de page Web en Widget pour le Dashboard. Une fonction "back to my Mac", malheureusement payante (99 euros par an), fait communiquer à distance via Internet différentes machines Apple entre elles, ce qui peut être utile par exemple pour les étourdis qui souhaitent récupérer sur leur Mac portable des documents oubliés sur l'ordinateur de bureau. Boot Camp, qui permet d'installer nativement le concurrent Microsoft Windows sur les Mac Intel, arrive en version finale (il n'était jusqu'ici qu'en version Beta). Enfin, le navigateur Safari passe lui en version 3. D'une façon générale, le nouveau système 64 bits affiche des performances à la hausse et l'ensemble, rapide, cohérent et intuitif, est des plus agréable à utiliser. Il bénéficie en outre, comme d'habitude, d'une esthétique très soignée.

Mac OS X Leopard nécessite au minimum 512 Mo de mémoire vive ainsi qu'un processeur Intel ou PowerPC G4 ou G5. La licence mono-utilisateur coûte 91 euros et le Pack familial de 5 licences 140 euros.

Pour Steve Jobs, fondateur et PDG d'Apple, Leopard est la meilleure mise à jour jamais réalisée par la firme de Cupertino. Satisfait par le rythme soutenu des sorties — environ un nouveau système tous les 12 à 18 mois — il a laissé entendre dans un entretien au New York Times que la cadence se poursuivrait ainsi. Une façon de laisser sur place le poussif système Windows, à qui il a fallu pas moins de cinq années pour passer de XP à Windows Vista — en s'inspirant d'ailleurs de quelques anciennes innovations d'Apple — et probablement encore trois ou quatre années avant d'arriver à Windows 7. En outre, comme se plaît à le faire remarquer le PDG d'Apple, Vista, sorti en janvier 2007 pour les particuliers, a déjà une génération de retard par rapport à Leopard tout en coûtant deux fois plus cher (250 dollars contre 129 dollars l'édition Ultime). Dans le même entretien, Steve Jobs est également revenu sur la dernière technologie Apple, le multitouch, cette interface tacticle révolutionnaire qui accompagne l'iPhone et l'iPod touch, dont il estime qu'elle va bientôt changer radicalement la façon d'utiliser l'ordinateur.