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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Lionel Jospin

Lionel Jospin

Le quotidien Libération a publié lundi 17 septembre les bonnes feuilles du livre de Lionel Jospin, L'Impasse (éditions Flammarion), à paraître en librairie le 24 septembre.

Dans cette charge au vitriol contre Ségolène Royal, l'ancien premier ministre y stigmatise la candidate selon lui "la moins capable de gagner" contre Nicolas Sarkozy. L'ex-candidate socialiste n'est pour lui qu'une "figure seconde de la vie publique" et ne représente qu'une "illusion". Il y exhorte en outre les socialistes à ne surtout pas confier les rênes du parti à cette "erreur de casting" qui n'aurait ni "les qualités humaines ni les capacités politiques" pour le diriger et qui n'a aucune chance "de gagner la prochaine présidentielle". "Avoir commis une erreur ne justifie pas qu'on la réitère", écrit Lionel Jospin.

Le brûlot a aussitôt lancé une nouvelle polémique au sein du Parti Socialiste, provoquant une avalanche de réactions pour la plupart peu tendres avec Lionel Jospin, même si certains militants y voient surtout une tentative d'éliminer Ségolène Royal pour mieux laisser la voie libre à Bertrand Delanoë. Les partisans de Ségolène Royal ne se sont pas privé de fustiger ce Lionel Jospin agressif et incohérent qui, pour nombre d'entre eux, est avant tout bien plus que Ségolène Royal ou François Hollande le principal responsable de l'échec de la gauche socialiste, d'abord en perdant face à Jean-Marie Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2002, puis plus globalement en ayant favorisé la montée en puissance de la nouvelle Droite extrême, ultralibérale et décomplexée, incarnée aujourd'hui par Nicolas Sarkozy. Petit tour d'horizon des déclarations pro-Royal et/ou anti-Jospin:

Première concernée, Ségolène Royal, qui fait déjà l'objet de nombreux autres pamphlets publiés récemment par ses camarades de parti -- entre autres La défaite en chantant de Claude Allègre (éditions Plon), Une élection imperdable de Claude Bartolone (éditions L'Archipel) ou encore Au revoir Royal de Marie-Noëlle Lienemann et Philippe Cohen (éditions Perrin) --, est "touchée par cette chaude affection littéraire" et répond par une image christique: "J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne d'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive", suivi d'un biblique "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font." La présidente de la région Poitou-Charentes voit en outre dans ces attaques un relent inconscient "de sexisme" [qui] "s'apparente à du racisme".

François Hollande, premier secrétaire du PS, a rappelé que Ségolène Royal "avait été désignée par les militants du PS après un débat". Réclamant "la fin des règlements de compte" il estime que "Lionel Jospin est une personnalité qui a joué un rôle éminent dans la vie politique et veut donner sa réflexion [...] ce qui est son droit et sa liberté", mais qu'à force d'être "dans dans le commentaire, dans l'introspection", les socialistes "se sont écartés des préoccupations des Français".

Codirecteur de la campagne électorale de Ségolène Royal, Jean-Louis Bianco déplore qu'on en revienne encore "dans des règlements de comptes, des paroles qui sont manifestement dictées par le fiel et l'amertume excessive" de Lionel Jospin, qui fût lui-même "incapable d'être au deuxième tour en 2002" et donc "mal placé pour critiquer 2007". Il préfère appeler les socialistes au "travail" et au "rassemblement".

Le député européen et secrétaire national du PS Benoît Hamon estime lui que ce livre "va remettre cent balles dans la machine". "Si tous les mois, on remet un euro dans la machine, on ne va pas s'en sortir. Ce n'est pas Ségolène Royal seule qui explique qu'on ait perdu. Si on devait s'arrêter à cela, ce serait une contribution incomplète".

Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire et ex-porte-parole de campagne de Ségolène Royal, dénonçant également ce "déballage permanent", répète que le premier devoir des socialistes est avant tout "de se rassembler" et que "les règlements de compte n'ont jamais servi la moindre cause". Rappelant que Lionel Jospin avait été "éliminé dès le premier tour" par Jean-Marie Le Pen, il estime que "cela devrait l'inciter à un peu plus de modestie et de délicatesse dans la critique".

Jean-Marc Ayrault, président du groupe parlementaire socialiste à l'Assemblée nationale, déclare lui que "La rénovation du parti, ce ne sont pas seulement des règlements de compte entre amis, des amertumes qu'on ressasse". Pour lui ces sempiternelles "polémiques" ne "facilitent pas le travail des socialistes".

Gilles Savary, ancien porte-parole de Ségolène Royal, juge que L'Impasse "déshonore" Lionel Jospin. Selon lui, ce livre est à l'évidence inspiré "par une haine irrationnelle sur fond de rancoeur personnelle" et est "une offense aux 16,7 millions de Français qui ont voté pour Ségolène Royal au 2ème tour".

Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et proche de Ségolène Royal fustige elle "l'aigreur" qui a "guidé la plume" de Lionel Jospin et sussure que "Peut-être que ça éclaire aussi les Français sur les difficultés qu'a eues la candidate pendant la campagne".

Un proche de Dominique Strauss-Kahn, Jean-Marie Le Guen, regrette pour sa part les propos "exagérés" et "totalement inopportuns" de Lionel Jospin. Pour le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, qui se réfère à la fameuse "bravitude" de l'ex-candidate PS, "Tout ce que Jospin a pu dire se résume malheureusement en un seul mot: l'aigritude" tandis que son collègue du Rhône Jean-Jack Queyranne pense quant à lui qu'"On ne peut pas rester à cette explication: 2002, c'est la faute des autres et 2007, c'est la faute de la candidate".

Bruno Le Roux, porte-parole du PS pense que "Les élections de 2007, 2002, 1995 ont été perdues" et que la question ne peut donc "se résumer à la mise en cause d'une campagne, d'un candidat ou d'une candidate". "Le travail des socialistes n'est pas de chercher des boucs émissaires" [...] mais d'écrire une nouvelle histoire avec les Français".

Enfin, le maire de Paris Bertrand Delanoë, héritier du courant jospiniste et principal rival de Ségolène Royal pour la succession de François Hollande à la tête du Parti Socialiste, s'est refusé à tout commentaire, arguant qu'il n'avait pas encore lu le livre.

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Lionel Jospin, L'Impasse (Éditions Flammarion).