Jacques Mercier

2003 a été une année importante dans les relations France / Belgique. On se souviendra surtout du premier voyage sur le sol français depuis son arrivée au trône d'Albert II pour rencontrer à Lille Nicolas Sarkozy, et quelques semaines plus tard des fastueuses réceptions offertes à Paris par Jacques Chirac à des personnalités belges telles Anny Cordy. Chirac dit alors: "Les Belges se distinguent dans tous les domaines, de l'art, de la littérature, de la musique, de la communication et des médias, du sport, de l'entreprise et de l'industrie, et nous, Français, n'hésitons pas à nous les approprier un peu inconsciemment mais de tout coeur". Ces événements ont marqué des rapprochements diplomatiques et économiques qui ne sont pas toujours à l'avantage des Belges si l'on juge à l'aune des achats de maisons d'édition belges par les Français. Plus récemment l'ambassadeur de Belgique en France, préfacier de l'ouvrage, a été démis de ses fonctions pour faux en écriture.

Belges en France (préface de Pierre-Dominique Schmidt, Éditions Racine, 2007) parle évidemment de ces Belges mais aussi de tous les autres. Il aurait pu tout aussi bien s'intituler Belges dans le monde car c'est plutôt le parcours international de Belges dont fait état le polygraphe Jacques Mercier. L'ouvrage est divisé en de multiples chapitres correspondant à tout autant de domaines de prédilection précédés à chaque fois d'une courte présentation. Sont par exemple traités le cinéma avec Benoît Poolvoorde et son vieux complice Benoît Mariage, les frères Dardenne, Jean-Claude Van Damme, etc. Les vedettes du petit écran sont aussi mentionnées, qu'il s'agisse de Philippe Geluck qui brilla longtemps dans l'émission Vivement dimanche prochain de Michel Drucker, ou les vedettes de la scène dont on oublie parfois qu'elles sont belges, comme Raymond Devos. Bruno Coppens lui aussi, comme le précédent, est un maître des mots. Jan Fabre, polygraphe et créateur de renom en Europe y figure aussi.

Qui saurait parler de la Belgique sans évoquer sa culture du fast food ? Il est évidemment question des frites. L'auteur fait le point sur cet aliment dont on pense que son origine est française alors qu'en fait c'est bien la manière de le couper en lamelles étroites, comme les Français le font pour les légumes, qui donne ce dit caractère "français" aux frites. French potatoes et French fries ne fait pas pour autant de la France la créatrice des frites.

Le chapitre 6, De A à Z, d'Annie à Zoé fait le tour de la jungle artistique et du show bizz belge. Annie Cordy ouvre la section, puis défilent Johnny Halliday, belge de par son père, et Julos Beaucarne entre autres. Mentionnons quelques siciliens expatriées en Belgique et fort connus dans le monde entier: Salvatore Adamo, Claude Barzotti et Frédéric François. Puis Maurane, Lara Fabian, Axelle Red, Helmut Loti, etc. Le chapitre sur le jazz met en avant Jean "Toot Tillemans", célèbre en Belgique avec son harmonica. Le chapitre sur la musique classique évoque la carrière de Bernard Foccroulle.

La littérature belge est largement diffusée en France. Citons Amélie Nothomb, Pierre Mertens ou, moins connus, Jacques De Decker et Bernard Tirtiaux. Le poète Jean-Pierre Verheggen, entré de son vivant dans la collection Poésies des éditions Gallimard, y est aussi inclus.

Après l'art culinaire, la musique et la littérature, on ne saurait oublier la bande dessinée qui, vu de l'étranger, constitue l'un des fondements de la culture belge. Parmi les bédéistes de renoms mentionnons évidemment Philippe Geluck. D'autres chapitres sont consacrés à l'architecture, à l'art, à la mode, aux domaines des affaires, aux sportifs, et quelques hors série. Inévitablement le chapitre sur les sports recense les tenniswomen. Justine Henin-Hardenne et Kim Clijsters, qui sont classées premières depuis plusieurs années donnent l'impression qu'il n'existe en Belgique que du tennis féminin.

L'ouvrage se termine par un index des noms et une table de matières. Il est à regretter que l'auteur ait si peu mis en relief les humoristes belges, fort méconnus à l'étranger et qui mériteraient de l'être étant donné les particularités de l'autodérision belge.