Daniela Lumbroso
Daniela Lumbroso

Daniela Lumbroso, auteur de Françoise Dolto : la vie d'une femme libre (éditions Plon), a gagné lundi 10 septembre son procès contre Catherine Dolto. Le Tribunal de police du XIXe arrondissement de Paris a jugé que la fille de la psychanalyste des enfants avait injurié la journaliste de télévision et lui a collé une amende d'un montant de 38 euros plus 1 euro de dommages et intérêts et 1.500 euros de frais de justice.

Catherine Dolto était poursuivie pour "injures non publiques" après avoir traitée Daniela Lumbroso de "canaille très prétentieuse" dans un e-mail adressé à plusieurs journalistes le 31 janvier 2007, peu avant la sortie en librairie du livre consacré à sa mère. Le tribunal a estimé que ces termes formaient "une expression outrageante traduisant le mépris de l'auteur" et constituaient donc une injure. Dans ce même courrier, Catherine Dolto clamait en outre son "dégoût" devant cette biographie non autorisée et qualifiait l'animatrice du Symphonic Show de France 2 de "médiocre présentatrice de télévision". Après l'avoir incité à ne pas écrire cette biographie et lui avoir barré l'accès aux archives de sa mère, elle demandait à ses correspondants dans les médias "qu'on lui tende le micro le moins possible".

Lors de l'audience, qui s'est tenue le 11 juin dernier, le défenseur de Mme Dolto, Me Dominique de Leusse, avait affirmé que l'ouvrage de Daniela Lumbroso s'appuyait sur "un pillage éhonté de tout ce qui se trouvait dans les mémoires de Françoise Dolto". Le procureur avait pour sa part estimé que la fille de François Dolto devait "bénéficier de l'excuse de provocation" eût égard à la mémoire de la célèbre pédo-psychiatre. Les éditions Gallimard, maison d'édition attitrée de Françoise Dolto — et surtout préparant depuis deux ans une biographie "officielle" rédigée par la psychanalyste Kathleen Kelley-Lainé --, s'étaient quant à elles déclarées "totalement solidaire" de Catherine Dolto, estimant que le livre de Daniela Lumbroso était parfaitement "inepte avec des choses complètement inventées". Du coup, la partie mafieuse du landerneau parisien de l'édition, des médias et de la psychanalyse s'était mobilisée pour dénigrer le livre grand public de l'ancienne rédactrice en chef du service culture de LCI.

Me François Zimeray, avocat de Daniela Lumbroso, plaidait lui qu'il s'agissait "d'une injure et d'une campagne orchestrée visant à censurer un livre avant même sa sortie". Il n'a pas obtenu les 20.000 euros de dommages et intérêts réclamés à titre de préjudice moral par sa cliente mais se félicite néanmoins de la décision rendue par le tribunal, estimant "qu'on doit pouvoir publier ce que l'on veut sur Françoise Dolto même si cela ne correspond pas complètement à l'image que s'en font ses enfants".