Éducation nationale
Éducation nationale

La rentrée s'annonce houleuse dans l'enseignement. Une "interfédérale de l'éducation" regroupant une quinzaine de syndicats d'enseignants, d'associations de parents d'élèves et d'organisations lycéennes et étudiantes ont décider de se regrouper et de se mobiliser ensemble contre les suppressions de postes programmées dans l'éducation nationale.

Jugeant "inacceptable" la suppression de 11.200 emplois programmée pour 2008 par Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, cette intersyndicale représentative de l'ensemble de la communauté éducative s'est réunie jeudi 30 août au siège de la CFDT à Paris. Elle a décidé d'interpeller le président de la République et de mener une campagne d'explication et de sensibilisation de l'opinion. "Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre école publique en mettant au coeur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d'autres choix, un autre budget, une autre politique", déclare-t-elle dans un communiqué signé notamment par les six fédérations de l'enseignement (FSU, UNSA Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT, FAEN et FNEC-FP FO), l'association de parents d'élèves FCPE, les syndicats étudiants CÉ et UNEF, les syndicats lycéens UNL et FIDEL, ainsi que la Ligue de l'Enseignement et plusieurs mouvements pédagogiques dont le GFEN et le CRAP Cahiers Pédagogiques. "Une initiative d'ampleur nationale" sera prise prochainement, indique aussi le communiqué sans préciser de date.

La mesure inscrite par le ministère de l'Éducation nationale dans le budget 2008 a pour objectif de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois partant à la retraite. Sur les 1.290.000 emplois de l'Éducation nationale (primaire, secondaire et enseignement supérieur confondus), plus de 10.000 postes dont environ 9.000 d'enseignants vont être supprimés dans le secondaire, et près de 1.000 dans les écoles primaires, même si quelques centaines de postes d'instituteurs et d'auxiliaires sont créés en parallèle pour faire face aux 40.000 élèves en plus. 4.600 postes sont d'ores et déjà supprimés pour la rentrée de septembre 2007. Cette réduction d'effectifs est la plus forte depuis 2002. Les rentrées 2005 et 2006, effectuées sous la houlette de Nicolas Sarkozy alors ministre des finances, avaient déjà vu pas moins de 8.000 suppressions d'emploi et 6.000 places en moins dans les admissions au concours. De 2003 à 2008, l'Education nationale a supprimé plus de 35.000 emplois.