Diana, Lady Di
Diana, Lady Di

Dix ans après l'accident qui a causé sa mort le 31 août 1997 dans le tunnel du pont de l'Alma à Paris, Lady Di continue d'alimenter des livres d'hommages et de scénarios divers quant aux circonstances de sa disparition. Celle-ci laisse encore planer quelques mystères et auteurs et éditeurs saisissent l'occasion du 10e anniversaire pour tenter d'en tirer profit via la publication de quelques livres douteux. Une quinzaine ont été publiés en Grande-Bretagne depuis le début de l'année, ne suscitant toutefois guère l'intérêt d'un public désormais lassé par le sujet. En France, citons-en deux parmi les plus récents: Diana, L'enquête jamais publiée de Chris Laffaille (éditions Scali) et Diana, chroniques intimes de Tina Brown (éditions JC Lattès).

Diana, L'enquête jamais publiée de Chris Laffaille, journaliste spécialiste de la royauté britannique, reprend l'intégralité de l'enquête menée par Paris-Match dont il était à l'époque rédacteur en chef adjoint. Une enquête qui au moment de l'évènement aurait mobilisé, sous la direction de Roger Thérond (directeur de l'hebdomadaire), une équipe d'une cinquantaine de journalistes dont les investigations se serait ensuite poursuivies sur dix années. L'auteur indique que certains éléments de son livre n'ont pu être publiés jusqu'à présent dans Paris-Match pour des raisons de déontologie et de respect de la vie privée. L'ouvrage, qui se veut écrit "comme un roman policier", n'apporte en réalité rien de vraiment nouveau sur l'accident tragique qui a coûté la vie à la princesse de Galles, si ce n'est la confirmation qu'elle était enceinte de 9 à 10 semaines lors de son décès. C'est selon l'auteur désormais une "quasi certitude", étayée notamment par un document de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) daté du 31 août 1997 et jamais réfuté comme faux. Ce résultat d'analyse médicale conservé dans les archives de l'hôpital a semble-t-il été communiqué à la patronne de la brigade criminelle Martine Monteil et à plusieurs membres du gouvernement français comme le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement, le ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine et le ministre de la Santé Bernard Kouchner. Le journaliste relance ainsi la thèse soutenue par Mohamed Al Fayed, père du marchand d'armes Dodi Al Fayed qui fréquentait Lady Di à l'époque et est mort aux côtés d'elle dans la mercedès fracassée contre le pilier du tunnel. Cette thèse avance que la princesse aurait été assassinée par les services secrets, aux ordres de l'establishment britannique, ou même directement de la famille royale qui n'aurait pas voulu d'un petit-fils et futur roi descendant d'un musulman. Sauf que Dodi Al-Fayed avait rencontré Lady Di pour la première fois moins de neuf semaines avant l'accident mortel et qu'il ne pouvait donc pas être le père. Ce dernier pourrait alors être le précédent amant de lady Di, un certain Hasnat Khan, chirurgien pakistanais exerçant à Londres, avec qui elle venait juste de rompre. Se retenant juste avant d'en faire trop dans le sensationnalisme, Chris Laffaille ne veut pas pour sa part retenir la thèse d'un éventuel complot: "Si on voulait éliminer Diana, pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt, quand elle était à Sarajevo? Ou en mer Méditerranée pour la noyer ?" interroge-t-il. A Paris, la police et la justice française ont clos le dossier depuis longtemps.

Diana, chroniques intimes de Tina Brown, ex-rédactrice en chef des magazines The New Yorker et Vanity Fair, est une biographie chic et glamour qui plonge elle dans les secrets de la famille royale et dans l'univers intime de la princesse. On y trouve une foule d'informations et de détails en tous genres tant sur la vie quotidienne de la monarchie britannique que sur la personnalité, la sensibilité, les opinions et les goûts de midinette de Lady Diana Spencer, "première grande icône glamour à vivre et à mourir à l'époque du multimédia permanent et mondialisé". Dans le portrait qu'elle dresse de la princesse star, la journaliste culturelle estime que l'insoumise et élégante Diana n'aura été qu'un "rouage de la machine Windsor" dont le désenchantement tournera au cauchemar avant de se terminer comme l'on sait dans la nuit du 30 au 31 août 1997, à l'âge de 36 ans.